Nouvelle gestion du temps privé et e-Commerce | Décembre 2012


Assistance virtuelle: le temps libre de demain

Entre le temps passé au travail et celui consacré aux tâches quotidiennes ou d’administration privée, le sentiment que le temps libre fond comme neige au soleil est de plus en plus répandu. Aujourd’hui le web propose des solutions. Pendant que vous faites du sport, passez du temps en famille ou dormez confortablement, un assistant virtuel peut s’occuper de vos corvées à votre place.

L’assistant personnel devient virtuel

Un assistant virtuel est défini comme une personne qui gère un cahier des charges de tâches principalement administratives, créatives ou techniques via internet. Le but est de libérer du temps au client en offrant un service d’externalisation de ces activités.

A la fin des années 80, les premiers assistants personnels voient le jour mais restent réservés à une élite avec de gros moyens financiers. Dans les années 1990-2000, leur évolution virtuelle se concrétise aux Etats-Unis grâce à l’avènement du web. Ces assistants virtuels y ont désormais leur propre acronyme, «VA» pour virtual assistant qui fait écho à l’abréviation «PA» pour personal assistant. Ils ont également leurs propres associations.

Malgré la différence de culture et de mentalité avec l’Amérique du Nord face à la gestion et au partage de la vie privé, le phénomène s’est peu à peu établi en Europe et plus particulièrement en France où, ces dernières années, plusieurs sites ont vu le jour comme MyConciergerie.fr ou Officeo.fr.

Gagner du temps libre

Le recours aux services d’assistance virtuelle permet aujourd’hui au particulier de déléguer ses tâches les plus encombrantes afin que celui-ci puisse optimiser son temps et profiter de moments plus privilégiés tels que jouer avec ses enfants, aller voir une exposition ou même, tout simplement, lire un livre.

Courir parce que nous avons oublié que nous avions déposé des vêtements chez le teinturier. Récupérer à la dernière minute des billets de spectacle car les horaires d’ouverture des guichets ne correspondent pas à notre emploi du temps professionnel. Faire un détour par le supermarché car l’ampoule de la salle de bain ne fonctionne plus. Il apparaît évident qu’une des raisons principales qui pousse une personne à avoir recours à cette assistance en ligne est le gain de temps.

L’idée de passer des heures à la gestion de son administration privée sans pour autant en arriver à bout amène le plus grand nombre à la procrastination. Stressés et fatigués par leur vie professionnelle, beaucoup de personnes préfèrent profiter de leur temps libre en famille ou entre amis plutôt que de s’atteler à traiter des dossiers personnels fastidieux. L’envie de se simplifier la vie est une motivation supplémentaire pour se laisser séduire par l’aide en ligne.

Par ailleurs, l’individu a souvent de bonnes intentions lorsqu’il s’agit de planifier son voyage de noce, remplir sa déclaration d’impôts, ou encore organiser une fête d’anniversaire surprise pour un ami ou un membre de sa famille. Cependant, il constate aussi très rapidement les limites de son savoir-faire dans ce genre de projets d’une certaine ampleur. Et finalement, la gestion de certaines tâches se révèle beaucoup plus compliquée que ce qu’il y paraissait de prime abord. Il peut, de ce fait, être préférable de s’appuyer sur une aide plus experte. Amené à constater les limites de ses propres compétences, l’individu peut ainsi se sentir soulagé à l’idée de se tourner vers un internaute bien plus apte que lui à accomplir certaines activités.

L’envie de gagner du temps libre, de se simplifier la vie, ou le besoin de mains plus expertes pour accomplir certaines tâches, sont des raisons à tendance culturelle qui incite l’internaute à utiliser des sites de services personnels.

Parallèlement à ces motivations bien légitimes, l’aspect financier n’est aujourd’hui plus une barrière pour le recours à l’assistance virtuelle. En effet, le web permet non seulement la mise en contact du particulier avec un assistant virtuel mais il en démocratise également l’offre.

Ma vie déléguée à un assistant virtuel

A.J Jacobs a éprouvé le concept de l’assistance personnelle via le web dans la ferme intention d’en tester les limites. Durant un mois, il a fait appel à deux assistants afin de soulager son emploi du temps de toutes les tâches personnelles et professionnelles qui peuvent s’effectuer à distance et dont il n’arrivait pas à voir le bout.

A.J Jacobs est un journaliste et auteur américain. En lisant The World is Flat de Tom Friedman, il a décidé de mettre en pratique le sujet du livre: déléguer des tâches basiques à des étrangers travaillant à dix fuseaux horaires des Etats-Unis. Il a pris contact avec Brickwork et Young Man in India, deux compagnies basées en Inde qui lui fournirent chacune une assistante personnelle virtuelle. assitant en ligne

Pour commencer, il leur a confié des missions simples. A la première, Asha, il a délégué une multitude de tâches d’ordre privé à faire en ligne telles que commander des livres, payer des factures et faire des courses. Chaque jour, Asha lui a envoyé un fichier résumant le statut de chaque requête.

A la deuxième, Honey, qu’il a assignée à ses activités professionnelles, il a demandé de faire des recherches sur la toile au sujet d’une personne dont il comptait écrire la biographie. Elle lui a rapidement fourni un rapport extrêmement détaillé et d’excellente présentation qui lui a fait gagner un temps précieux.

Dans les semaines qui ont suivi, il a poussé le bouchon plus loin et testé jusqu’où il pouvait déléguer. Il a demandé à Asha d’organiser l’anniversaire de sa femme, et même de raconter par téléphone une histoire à son fils pour l’endormir tandis que lui-même travaillait. Il a appliqué le même principe à sa vie professionnelle et ainsi gagner plusieurs heures par jour de temps qu’il a pu consacrer à d’autres activités.

Afin que Asha et Honey puissent effectuer tous les services qu’il réclamait, A.J Jacobs admet qu’il a dû divulguer une quantité alarmante d’informations personnelles, voire extrêmement confidentielles. De ses problèmes de fertilité à son numéro de carte de crédit et ses mots de passe, la confiance qu’il a dû placer en chacune de ses assistantes a côtoyé les limites de l’entendement.

Toutefois, convaincu de l’utilité de ce service et du gain de temps qu’il lui a apporté, A.J Jacobs est devenu «accro» à ce type de délégation virtuelle.

Affaire à suivre

Le constat que l’assistance personnelle virtuelle est ancrée dans les mœurs des internautes d’outre-Atlantique n’est plus à démontrer. En effet, le gain de temps libre, le recours à une personne plus compétente ou l’envie de se simplifier la vie sont quelques avantages dont tout un chacun peut bénéficier en faisant appel à un assistant virtuel.

La question de confiance n’est toutefois pas à prendre à la légère. Les internautes européens semblent plus frileux et avoir plus d’appréhensions concernant les risques d’intrusion dans leur vie privée. Cette inquiétude peut-elle limiter le développement de l’assistance virtuelle en Europe?

 

Sources:

Sites web:

«Concierges privés : les majordomes des temps modernes», [en ligne], 2012, http://www.netdatingassistant.com/blog/concierges-prives-les-majordomes-des-temps-modernes/, [consulté le 09 novembre 2012]
Jacobs, A J, «My outsourced life», [en ligne], 2005, http://www.esquire.com/features/ESQ0905OUTSOURCING_214#ixzz2DkNR351V, [consulté le 22 novembre 2012]
«Pour aider les cadres, le secrétaire personnel arrive en France», [en ligne], 2010, http://www.latribune.fr/carrieres/carrieres-salaires/20100624trib000523872/pour-aider-les-cadres-le-secretaire-personnel-arrive-en-france-.html, [consulté le 10 novembre 2012]
«Patrick Soubeyran, Directeur fondateur de la société Officéo» [en ligne], 2009, http://www.developpementdurable.com/interview/2009/03/I28/patrick-soubeyran.html, [consulté le 15 novembre 2012]
Riviere, Jean, «Comment je gagne du temps en déléguant à un assistant virtuel», [en ligne], 2012, http://www.webmarketingjunkie.com/comment-je-gagne-du-temps-en-deleguant-a-un-assistant-virtuel.php, [consulté le 21 novembre 2012]
«Virtual Assistant History: The Birth of a Phenomenal Profession», [en ligne], 2011, http://virtualassistantinc.wordpress.com/2011/03/11/virtual-assistant-history-the-birth-of-a-phenomenal-profession/, [consulté le 16 novembre 2012]

Crédit photo: NKZS, http://www.sxc.hu, [consulté le 29 novembre 2012]


dossier préparé par:


Nathalie Duboux, Marjorie Dycke Vuillemin, Thomas Ganet, Laura Moreau, Sophie Paul