Une nébuleuse qui séduit les entreprises | Avril 2012


Cloud computing: à chacun son nuage

Les services proposant le stockage et le traitement de données numériques sur des serveurs distants se développent, se multiplient et se spécialisent. Amazon, Google et les autres draguent petites et grandes entreprises – qui se laissent séduire par la diversité de l’offre, même si tout n’est pas rose, là-haut, dans les nuages.


Le cloud computing – c’est-à-dire la possibilité d’externaliser la gestion de ressources informatisées – a pris son envol et intéresse les entreprises en mal de mobilité et désireuses de juguler les coûts générés par la maintenance de leur parc d’ordinateurs et de serveurs. Il est vrai que l’idée de confier ses données à un service spécialisé est alléchante d’un point de vue financier – même si la peur de la «dépossession» existe bel et bien. De plus, cette nouvelle approche du monde numérique permet de rationnaliser l’utilisation des logiciels tout en proposant un espace de sauvegarde des données qui évolue et s’adapte selon les besoins.

Concept nébuleux pour certains, révolutionnaire pour d’autres, le cloud s’implante donc au sein des organisations les plus sérieuses. Le terme regroupe tout service proposant l’accès à des ressources informatisées ou à des applications en ligne accessibles partout et 24 heures sur 24 – l’idée étant de mutualiser les données et de transformer ordinateurs, tablettes et Smartphones en de simples terminaux qui vont «chercher» l’information. Concrètement, Il s’agit de déporter sur le réseau des réseaux – le «nuage» – tout ou partie des données et des applicatifs qui auparavant étaient gravés sur le disque dur de chaque machine appartenant à une entreprise ou un individu.

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Des nuages taillés sur mesure

On parle de cloud public lorsque les services et l’infrastructure sont fournis via l’Internet. Le niveau d’efficacité dans le partage des ressources est alors maximisé. Mais la vulnérabilité aux attaques extérieures est également accrue. Cette solution est idéale pour toute entreprise qui partage des applications standardisées comme l’e-mail. Elle intéresse également les organisations qui doivent s’adapter très rapidement à la demande – par exemple une augmentation de espace de stockage – ou qui travaillent sur des projets collaboratifs.


Le cloud privé est un service plus sûr, mais potentiellement moins flexible. L’infrastructure peut être gérée par l’entreprise elle-même et accessible via un réseau sécurisé de type VPN – qui permet de crypter les données de sorte que seules les personnes ayant la clé peuvent traduire l’information pour la rendre intelligible.

Le cloud hybride est de loin la solution celui qui séduit le plus les entreprises, à tel point que les clouds privés sont désormais conçus pour pouvoir facilement évoluer vers un cloud hybride et ainsi gagner en flexibilité. Cette dernière solution combine les avantages des deux autres – la difficulté consistant à gérer au quotidien la complexité d’un environnement composé de plateformes possédant des niveaux de sécurité différents.

L’essayer c’est l’adopter

Même si les organisations de tout poil font depuis fort longtemps du cloud computing sans le savoir, comme M. Jourdin de la prose – pensez simplement à la messagerie électronique –, PME et grands groupes rechignaient il y a peu de laisser en pâture leurs précieuses données sur des serveurs improbables et évanescents plantés au milieu de nulle part.

Mais les mentalités changent à la vitesse grand V car le cloud offre de vraies opportunités en termes d’économies et de flexibilité. M. Carter, CEO de FedEx – une société spécialisée dans la logistique et les services d’expédition qui a franchi le pas de la virtualisation – «ne désire en aucun cas rebrousser chemin».

Il est intéressant de constater que ce sont des sociétés aux profils très variés – de la multinationale à la petite structure – qui adoptent cette forme d'outsourcing. Et, contre toute attente, même les entreprises qui gèrent pourtant des données sensibles mais qui ont goûté au fruit défendu ne souhaitent pas revenir en arrière.

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Des économies substantielles

La raison principale qui pousse certaines entités à migrer vers des solutions «cloud» est sans conteste la réduction de coûts liés à la maintenance et au renouvellement du parc informatique. La mise en œuvre de ce type de service permettrait une économie de 20 à 30%. On estime que 90% des entreprises auront migré vers les nuages à l’horizon 2020.

«Il n’est plus nécessaire d’avoir une salle spécifique et climatisée pour abriter des serveurs, précise le directeur de CPC – une entreprise active dans le consulting au Royaume-Uni. De plus, le prix est calculé en fonction de la consommation.» Une personne absente ou en vacances ne consommera aucune «ressource» et ainsi ne coûtera rien à la société. En outre, la mise en place d’une telle solution permet à l’entreprise de diminuer l’armada d’informaticiens qui maintenaient le parc – l’utilisateur final étant en mesure de gérer sans assistance la mise à jour de ses logiciels. Inutile aussi de déménager la ferme de serveurs lorsque l’entreprise change d’adresse.

 

Une flexibilité qui séduit le milieu bancaire

La flexibilité offerte par les protocoles OTA (over the air) sur nos téléphones intelligents ou par tout service online sont également des arguments de poids qui poussent les sociétés à s’envoler vers les nuages. Les collaborateurs sont ainsi connectés en permanence, peuvent travailler chez eux ou en déplacement et avoir accès à tous les fichiers dont ils ont besoin, comme s’ils étaient au bureau.

Il n’est dès lors pas surprenant que les grandes entreprises emboîtent le pas aux pionniers. Ainsi, le géant bancaire espagnol Banco Bilbao Vizcaya Argentaria (BBVA) vient d’adopter le cloud pour améliorer la communication interne et représente le plus important contrat de Google Apps – la suite bureautique virtuelle proposé par le géant de Moutain View.

Angela Ahrendts , la CEO de Burberry – une maison de mode britannique – est convaincue d’avoir fait le bon choix en choisissant de s’associer avec Salesforce, un des leaders dans le domaine. Il s’agit de permettre aux fans de la marque de rester en contact en tout lieu, en tout temps et via tous les supports.

De son côté, Nestlé a également adopté un service de dématérialisation des factures qui permet aux petits acteurs de la distribution de bénéficier de systèmes sophistiqués d’échanges électroniques utilisés par les grandes entreprises.

Un cadre juridique encore flou

La méfiance qui retient encore certains réside avant tout dans la peur de perdre le contrôle de l’information. Pourtant, le niveau de sécurité est devenu si élevé que même ses banques, à l’instar de BBVA, franchissent le pas. La société Alstom, qui doit pourtant gérer des données liées au domaine nucléaire, a également adopté le cloud.

Au niveau légal, les entraves sont nombreuses et ternissent sans nul doute le tableau. Ainsi en France, le client a l’obligation de faire une déclaration à la Commission Nationale Informatique et Libertés. Il devra notamment s’assurer que les serveurs ne sont pas situés aux USA – qui offrent un niveau de protection considéré en Europe comme trop faible. Pour certains types de données, notamment médicales, la loi exige même que les données soient hébergées en France.

Malgré ces anicroches, on voit bien qu’un monde ultra connecté est en marche et que rien ne l’arrêtera. Et c’est la nature même des relations qu’entretiennent les entreprises, les collaborateurs et les clients qui est en pleine mutation. Qu’on le veuille ou non, nous vivons aujourd’hui une nouvelle révolution technologique sociale et mobile dont le cloud est un puissant catalyseur. Il permettra la mise en place d’un modèle d’entreprise interconnectée et omniprésente: la «Social Enterprise».

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Sources

www.youtube.com
www.force.com
www.cloudmagazine.fr
www.indexel.net
www.microsoft.com
www.informationweek.com
www.omprompt.com
www.dummies.com

Source images: 

Google images


dossier préparé par:


Juliana De Beni, Gabriella Piergentili, Pascal Rocha da Silva, Nathalie Valembois