Cloud computing: les entreprises sous pression | Fevrier 2011


Les entreprises ont la tête dans le «nuage»

Nos données «sensibles» ne sont plus enregistrées sur le disque dur de notre ordinateur personnel, ni même sur les serveurs de notre entreprise. Elles flottent quelque part dans le cloud, une nébuleuse à laquelle se connectent nos smartphones, nos tablettes numériques au gré de notre humeur – et de celle des opérateurs téléphoniques.

L’arrivée d'appareils plus petits et plus mobiles, conçus avec un système d'exploitation plus léger, marginalisent l’ordinateur conventionnel. Ce sont les utilisateurs qui «piochent» les fonctionnalités et les informations dont ils ont besoin dans le cloud, ce centre de données mondialisé et polymorphe formé par des centaines de millions de serveurs, cet énorme ordinateur central qui gère nos services, nos messageries, nos réseaux sociaux, nos agendas, nos données commerciales.

Pourquoi vouloir stocker ses données quand on peut y avoir accès de n'importe où à partir d'un simple terminal comme un téléphone portable?

Les logiciels, les dossiers et même les systèmes d’exploitation: tout peut être installé, non plus physiquement sur nos machines, mais sur des serveurs que l’on interroge à distance: c'est le cloud computing. Il élimine les coûts associés à la maintenance et aux mises à jour de logiciels, mais reste flexible. Dans les entreprises, il supprime les applications moribondes et les armées de conseillers IT.


Si les terminaux de tout genre peuvent maintenant capter les informations over the air, l’angoisse de la dépossession apparaît. Où sont stockées nos données sensibles?
 
En fait, Google, Microsoft et Apple, les géants des «cybercieux», se taillent la part du lion et possèdent une structure impressionnante pour héberger leurs applications et leurs services. Quant aux outsiders Amazon ou Facebook, ils sont loin d'être de réels débutants, FB gérant près de 300 millions d'abonnés qui peuvent communiquer et partager des fichiers sur des plateformes communes et à distance. La lutte pour le contrôle du nuage informatique a commencé, au travers d'applications variées, intégrées et accessibles en ligne.


La guerre du cyberespace est déclarée

Depuis quelques années, nous assistons à une véritable guerre des étoiles. Microsoft, Google et Apple se livrent une guerre fratricide sans merci pour se partager ces territoires virtuels. Quant à nous, consommateurs avisés, nous participons innocemment aux alliances stratégiques en optant pour tel terminal plutôt que tel autre.

Car pour accéder au «nuage» on a besoin d’outils performants. Et ces nouveaux outils mobiles ne sont plus conçus pour stocker des programmes et des données mais pour un accéder aux informations via une connexion haut débit et sans fil. Chaque entreprise, adopte alors sa stratégie.

Microsoft, né sur Terre il y a bien longtemps, est en position de force car son système d’exploitation nourrit 90% du parc informatique mondial. Cependant, son avenir se tourne aussi vers le «nuage»: il a développé de nouveaux OS plus légers, un moteur de recherche (Bing) et l’incontournable suite MS Office est maintenant disponible en ligne. De plus, son système Exchange garde la préférence de la plupart des grandes entreprises – d’une part parce qu’elles sont habituées à manipuler les outils Microsoft tels que Outlook, mais surtout parce que le logiciel est souvent hébergé sur des serveurs dédiés.

Google, né dans les nuages, renforce sa position de maître incontesté du Web en proposant des services en ligne, un navigateur Internet (Chrome) et un système d'exploitation mobile (Android) qui pourrait un jour supplanter la marque à la pomme et son iPhone en termes de part de marché.

Quant à Apple – aussi vieux que Microsoft mais ayant emprunté les voix aériennes très tôt à bord de son téléphone révolutionnaire – innove toujours et encore en offrant aux monde des connectés sa tablette magique.


En guise d’ordinateur portable

Si l’on considère que, d'ici 2013, le nombre d’utilisateurs professionnels du cloud va augmenter jusqu'à atteindre 1,2 milliards de personnes – soit un tiers de la force de travail globale (source IDC, organisme qui délivre l'«IT market intelligence»)– et si on retient que les ventes mondiales de tablettes numériques pourraient passer de 17,4 millions début 2011, à plus de 200 millions en 2015 (prévisions du cabinet d'études iSuppli), on  comprend mieux l’enjeu.

Les tablettes numériques sont de plus en plus populaires depuis le lancement de l’iPad en 2010 qui est venu révolutionner le monde de l’ordinateur portable. Depuis, d'autres marques, comme Microsoft, HP, Nokia, Samsung, Dell et BlackBerry ont emboîté le pas à Apple.

L'offre s'élargit et l'engouement vient de plus en plus du côté des professionnels – qui utilisaient déjà couramment le PC portable comme un support de matériel promotionnel. L’iPad et ses clones en sont la continuité.

Tous les managers vous le diront: une tablette c'est la possibilité de consulter ses «données métiers», ses présentations, ses prises de notes ou ses courriels de façon permanente. Sa légèreté, sa disponibilité immédiate, son ergonomie, font de la tablette un allié précieux. Un super assistant jamais fatigué, jamais en jet lag.

Les titans du cloud ont compris qu'il était non seulement nécessaire de la rendre compatible avec de nombreux protocoles existants, mais qu’il était important de la façonner à notre image: chaque tablette est unique. Elle va s’adapter à chaque corps de métier grâce à la grande quantité d’applications mises à disposition. Cela offre à chacun l’opportunité de composer son monde professionnel avec les applications qui lui seront utiles.


Législation balbutiante

Le cloud est donc une immense boîte noire qui renferme notre savoir mais on ne sait pas très bien où sont stockés les informations, comment elles sont traités et par qui. Cela soulève beaucoup d'interrogations, notamment en termes de sécurisation des données. Une législation encore balbutiante est en train de voir le jour, mais cela n'est pas encore suffisant pour se prémunir contre les faillites potentielles d'un centre de données ou la divulgation de ses contrats ou brevets aux entreprises concurrentes.
 
Le nuage informatique n'a pas encore dit s'il était annonceur de pluie ou de soleil. Aujourd'hui, il se nourrit des informations déposées et nous les restitue, à notre bon vouloir, dans le creux la main, sur notre écran tactile. Mais à qui appartient finalement toutes ces gouttes de pluie?


Références:

Sources Images:


dossier préparé par:


Eléonore Arnaud, Simon Barbone, Corinne Isaia, Sandra Rodrigues, Pedro Miguel Rodrigues de Almeida