Souriez, vous êtes géolocalisés ! | Novembre 2010


Le géocaching: sur les traces du Petit Poucet

Nous avons rangé notre boussole et nos bonnes vieilles cartes Michelin au grenier. Leur place a été prise par le géocaching, une activité qui combine chasse aux trésors et course d’orientation grâce à l’utilisation d’un GPS.

Le géocaching est une nouvelle forme de loisir en provenance des Etats-Unis qui, lors de son invention au début du nouveau millénaire, s’adressait exclusivement aux enfants. Son but premier était de stimuler les enfants à sortir de chez eux tout en les faisant rechercher des trésors cachés. Petit à petit, les adultes se sont pris au jeu. Ils en sont devenus accros à leur tour.
Avant de partir sur le terrain, le géocacheur télécharge des informations sur son futur itinéraire depuis des sites tels que www. géocaching.com ou www.swissgeocache.ch  Ces pages extrêmement bien pensées, classifient les parcours en fonction de leur région géographique, de leur durée, de leur «saisonnalité» ou encore de leur difficulté. Cette codification permet de s’investir à la hauteur de sa condition physique et de ses désirs.

Un GPS à la place de cailloux

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Sans connexion à Internet et sans GPS, le géocaching n’existerait  tout simplement pas. C’est grâce à la démocratisation de ces deux outils que cette activité a pris un tel essor. Si Internet permet de choisir son parcours, le GPS – ou l’application iPhone – autorise le repérage sur le terrain. Contrairement à d’autres applications – comme Facebook Place par exemple – aucun positionnement en temps réel n’est communiqué ou publié lors d’une «géocache»

Un réseau social 

Fort de 5 millions de membres actifs et de 1'250'000 cachettes répertoriées à travers le monde – dont 4'900 en Suisse – le géocaching se définit plutôt comme un réseau social et non comme une simple activité dominicale. De nombreuses pages Facebook lui sont dédiées et diverses vidéos sont publiées sur youtube.com. Ce réseau, à l’instar d’autres communautés virtuelles, a son propre vocabulaire et instaure ses propres lois. Les structures nationales sont sous la responsabilité d’un responsable – le « Volunteer Cache Reviewer » – qui valide, supprime et surveille le contenu du site.
Le géocaching permet donc aux participants de découvrir et faire découvrir un pays. Beaucoup se connectent avant de partir à l’étranger afin d’enregistrer un parcours explorant des territoires souvent ignorés des autochtones eux-mêmes.

Chemins de fortune

Bien que le géocaching puisse se pratiquer à moindre coût – ouvrir un compte est gratuit et il est possible créer une «cache» avec n’importe quel objet qui nous tombe sous la  main – Il n’en reste pas moins vrai que de nombreux produits dérivés présents sur le site officiel incitent les gens à consommer.
Ici, point de géomarketing : les principales sources de revenus sont les cotisations annuelles perçues auprès des «Premium Membership», le téléchargement d’applications iPhone ou encore la vente de GPS en ligne via Amazon sur la base de tests référencés sur le site.
De nombreux articles sont présentés dans une boutique en ligne:
  • Carte cadeau
  • Plaques commémoratives (nombre de caches trouvées)
  • Starter Kits 
  • Conteneurs «officiels»
  • T-shirts, vestes, casquettes
  • Stylos, crayons, blocs, autocollants
  • Etc. 

Récupération

Certaines marques ont essayé d’utiliser le géocaching à des fins commerciales, comme Garmin en Angleterre, un fabricant de GPS qui proposait en 2008 une chasse aux trésors à travers l’Angleterre avec de nombreux lots à la clés, dont bien  entendu des terminaux.
En 2007, une journée mondiale pour le diabète a été organisée, avec des activités officielles de géocaching.
Citons encore le parc national de Turtle Bay en Californie, qui assure sa promotion en achetant des espaces publicitaires sur le site geocaching.com
Il existe d’autres exemples de récupération du phénomène, mais sans lien avec Jeremy Irish, le fondateur du géocaching. Par exemple, l’Office du Tourisme du Doubs, dans le Jura français, propose un «GPS Safari»  pour faire découvrir sa région. Les parcours sont décrits selon différentes thématiques. Les participants ont même la possibilité de louer un appareil pour un prix modique!

Sources
Source image: http://www.wreckamovie.com/

dossier préparé par:


Madiha Favre, Janick Konishi-Bétrisey, Marzena Lapka, David Melviez, Alexandre Nickbarte