e-Réputation: prisonniers de la Toile | Novembre 2009


Autrefois réservée aux personnalités, l'e-réputation concerne désormais tout un chacun. L'avènement de l'Internet participatif a eu comme corolaire d'exposer au grand jour quantité d'informations individuelles, parfois sensibles. Google, Yahoo, Bing et autres agrégateurs d'information devenant de plus en plus performants, il est aisé de se faire une idée sur quelqu'un. Comment l'e-réputation se construit-elle ? Peut-on la maîtriser? Enquête.

Prisonniers de la ToileOn m'assure que je suis pris, comme les milliards d'autres internautes, dans le piège de la Toile. On me met en garde contre les buzz, les dangers qui me guettent si je ne protège pas suffisamment ma sphère privée. Curieux, je fais moi-même l'expérience: je tape mon nom dans un moteur de recherche et découvre stupéfait toutes sortes d'informations. Analysées par des algorithmes complexes, toutes les traces que j’ai laissées sur le Web apparaissent sous forme de liens sur des dizaines de pages.

En un clic, quantité de souvenirs se rappellent à moi: mes commentaires engagés postés il y a des années sur un forum politique, cette vidéo de mon dernier voyage d’études, l’autorisation qui m’a été attribuée de construire une véranda. Plus étonnant encore, je retrouve même des informations intimes et privées: mon orientation sexuelle et religieuse, mon adresse, mes numéros de téléphone...Tout est là devant mes yeux, comme si des paparazzis m'avaient traqué durant des années. Le Web sait tout et n'a rien oublié!

Tous ces liens représentent les différentes facettes de mon identité numérique. Je comprends alors que c'est à partir de ces résultats que mon e-réputation se construit, dans le regard subjectif des autres. Suis-je coupable d'avoir été trop exhibitionniste? Ai-je définitivement perdu le contrôle sur mon image? Je me sens pris dans un engrenage virtuel, sans savoir comment faire pour sortir de ce piège et me réapproprier mon «e-moi».


dossier préparé par:


Rosa Garrido, Italo Goyzueta, Gabriel Hussy, Manojlo Jelic, Patricia Jordan