Des objets qui bavardent en continu | Mai 2009


Une blanchisserie taille XXL

Dès 1999, la puce RFID a révolutionné le quotidien des HUG. Immédiatement, on pense à la mise en œuvre d’un système de sécurité. Sécurité certes, mais de quel type? En l’occurrence, l’audace a été le fait de la Centrale de Traitement du Linge (CTL). Bien lui en a pris, car l’impact de la nouvelle technologie sur le traitement quotidien de 4 tonnes de vêtements n’est pas négligeable!

La modernisation d’un organisme public

Les Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG) comprennent 8 sites hospitaliers, ainsi qu’une quarantaine de structures ambulatoires. Ils emploient 8'400 personnes exerçant différents métiers: médecins, personnel soignant et autres professions paramédicales, personnel administratif.

Le département d’exploitation comprend 1'300 collaborateurs. Il gère des tâches indispensables au fonctionnement d’une telle structure allant de l’accueil à la restauration en passant par le nettoyage, les transports et… la gestion du linge. Chaque jour, la CTL approvisionne, traite et distribue le linge hospitalier et les vêtements destinés au personnel et aux patients.

Compte tenu de la croissance du nombre de pièces de vêtement et de linge à gérer, la CTL s’est trouvée confrontée à une nouvelle réalité pour laquelle elle a dû trouver une solution appropriée.

Une solution invisible

Ainsi, depuis 1999, la CTL a recours aux puces RFID pour faciliter la gestion du secteur dit «Forme». Celui-ci représente 20% de l’activité de la Centrale et est en charge du traitement des vêtements du personnel et des patients. Au total, ce secteur gère 150’000 vêtements dotés d’une puce dont 60’000 sont attribués aux de patients.



Protégée dans une coque en résine, la puce doit impérativement répondre aux conditions industrielles, c’est-à-dire résister à l’eau, à la chaleur et à la pression jusqu’à 27 bars sous peine d’être endommagée, voire inutilisable. La puce est patchée et collée sur chaque article. Grâce aux lecteurs de puce disposés tout au long de son parcours, elle est sous surveillance permanente. Les informations contenues dans la puce sont connectées  à un ordinateur central.


La mise en place d’un tel système  a représenté  un investissement initial de 150’000 CHF par DAV (Distributeur automatique de vêtements). A celui-ci  s’ajoutent les coûts annuels d’entretien qui s’élèvent à environ 5’000 CHF y compris le remplacements de puces endommagées. Si cet investissement a apporté des solutions positives au plan de la logistique, il a aussi contribué à améliorer sensiblement le quotidien du personnel actif dans ce secteur hospitalier.

 

Une technologie approuvée par tous

La productivité de la CTL a été augmentée. Les 10'000 pièces munies de puces RFID  traitées chaque jour  représentent 4 tonnes de linge sur 16 tonnes de linges lavées par jour. Aujourd’hui, les habits sont acheminés par des convoyeurs aériens à travers les différentes étapes de traitement (lavage, séchage, repassage, et redistribution). Cette gestion automatisée de la chaîne de traitement a permis naturellement une réduction du stock, une diminution des pertes, une augmentation de la rotation et de la durée de vie des vêtements, ainsi qu’une garantie d’hygiène.
Le personnel, quant à lui, a l’avantage de pouvoir prendre possession de  ses vêtements à toute heure du jour et de la nuit grâce à un badge individuel (spécifiant la catégorie professionnelle et la taille) et à l’installation de distributeurs automatiques sur chaque site hospitalier. En combinant les informations de la base de données de la CTL et les données contenues dans les badges, le distributeur sélectionne automatiquement le vêtement approprié pour chaque employé. Cette gestion centralisée permet, qui plus est, de répertorier les différents besoins sur chaque site hospitalier et d’enregistrer les différents mouvements des vêtements.
On notera que la protection des données est respectée. La base de données n’a pas pour but de «traquer» les employés mais, d’améliorer un service qui leur est  destiné.


Vu le succès remporté par cette nanotechnologie dans le secteur «Forme», les HUG planifient d’étendre l’utilisation de la puce au secteur dit «Plat», c’est-à-dire a celui qui prend en charge le traitement de pièces de linge hospitalier tels que les draps et les serviettes. On considère, dans ce cas,  plus de 12 tonnes de linge à traiter par jour. Du linge qui nécessite des puces RFID «anticollision» permettant la lecture simultanée de nombreuses puces...


Source:
Interview de Mme Brigitte Richardet, Cheffe de Service, Service de Traitement et Distribution du Linge, HUG

Source Image:
Cycle du linge (www.solid.ch)


dossier préparé par:


Barbara Baracchi, Lucienne Gaillard, Ella Nkanagu, Sophie Rouquette Studer, Véronique Sieber