Le widget: un invité qui s'incruste | Janvier 2009


Le widget: l'icône qui crée des liens

Aux Etats-Unis, les internautes plébiscitent le widget, lucarne personnalisée et omniprésente ouverte sur le Web. Sur le terrain, les marketeurs reprennent la balle au bond et tirent des plans pour construire des liens privilégiés avec leurs clients. A l’arrière-plan, les concepteurs inventent jour après jour le futur du «super-favori».

Conçu à l’origine comme un gadget informatique, le widget permet aujourd’hui d’agréger des contenus sélectionnés sur mesure et de les mettre à jour instantanément et en tout temps. Pratique et ludique, ce petit icône, trônant sur le bureau de votre ordinateur ou s’incrustant sur votre page personelle, connaît un succès grandissant auprès des internautes.

Widget Mac
Dans la boîte à outils du marketeur, le widget est un nouveau support de communication et de tracking. Il favorise la création d’un lien visuel direct, subtil et permanent entre l’internaute et la marque, le prix de ce lien privilégié se mesurant à l’aune de la pertinence.

Pour les concepteurs de widgets, l’heure est aux échanges. Les plus grands noms planchent sur les leçons à tirer des succès remportés par le widget sur les réseaux sociaux. Ils évaluent dans la foulée les conditions à réunir pour standardiser, réguler et monétiser ces applications.

Une fenêtre interactive et dynamique

Le mot «widget» est d’origine nord-américaine. Il résulte de la contraction des mots «window» et «gadget». Le widget peut être défini comme une petite fenêtre reliée à un site Internet. Il s’installe sur le bureau de l’ordinateur, sur un site Web ou encore sur un téléphone mobile. Il permet un accès direct à des informations librement sélectionnées par l’internaute.

Dans son édition d’avril 2008, le Journal du Net affinait le portrait: le widget est «une application dans laquelle la mise à jour du contenu (texte, images, vidéo, publicité, jeux, etc.) se fait de manière automatique et dynamique permettant notamment d’agréger des contenus provenant de différents éditeurs dans une seule interface et de les distribuer sur des sites tiers ou directement sur le bureau des internautes».

100 millions d’utilisateurs

L’acte de naissance du widget remonte à 1996. Pionnier dans le domaine, l’entreprise Yahoo a très vite été suivie par Microsoft Explorer, Konfabulator, Apple, Google, Slide et RockYou

Aujourd’hui, on compte plus de 100 millions d’utilisateurs de widgets dans le monde. Le grand essor a eu lieu en 2000, avec l’arrivée des réseaux sociaux, particulièrement bien adaptés à l’hébergement de widgets. Selon le site eMarketer, «depuis l’ouverture de sa plateforme aux développeurs tiers en mai 2007, Facebook a enregistré l’installation sur son site de près de 15'000 widgets différents téléchargés environ 765 millions de fois».

Plusieurs études ont permis de mesurer l’impact des widgets: selon Comscore, aujourd’hui 40% des Américains accèdent à un site par le biais d’un widget.

Au niveau des investissements, le développement, la promotion et la distribution des widgets enregistrent de beaux résultats: aux Etats-Unis, on estime à plus de 40 millions de dollars les dépenses consenties en 2008 contre 15 millions en 2007; en Europe, où l’engouement pour les widgets n’a pas atteint l’ampleur américaine, les dépenses ont été estimées à 15 millions de dollars pour la seule année 2008.

La touche personnelle

Avec un ou plusieurs widgets l’internaute personnalise le bureau de son ordinateur, sa page Web ou son portable. Il met sa touche dans son environnement.

A vocation pratique ou ludique, les informations diffusées par un widget sont variées: météo, actualité, traduction, informations routières, recherche immobilière, offres de voyages, horaires de trains, agenda, bloc-notes personnel... Sur un widget, on met de la musique, des photos, des vidéos, des blogs, des jeux, etc.

Le widget s’installe au cœur du système d’exploitation de l’ordinateur. Pour les entreprises, cela offre de nombreuses possibilités de «tracking». Pour les utilisateurs, le risque réside dans le détournement d’informations personnelles, ainsi que dans l’intrusion de spams et de virus. 

Autre bémol pour l’internaute: il existe différents formats de widgets. Ces formats dépendent du logiciel utilisé pour les créer. Cela pose un certain nombre de problèmes de compatibilité entre les systèmes d’exploitation.

L’instantané permanent

Pour les entreprises, le widget offre la possibilité de créer un lien visuel permanent et direct entre l’internaute et la marque. Discrètement, présente en fond d’écran, la marque est  perçue comme un «sponsor» de l’outil. En termes d’image et de notoriété, l’impact est de poids.

Basé sur le principe de l’opt-in – c’est l'internaute qui décide de l'installation du «super-favori» – le widget permet de cibler une audience attentive et réceptive. Dans un monde où les individus se sentent envahis par les informations, la publicité, le widget apporte un bol d’air frais en matière de communication directe.

La puissance du widget réside dans la mise à jour automatique de l’information ne nécessitant aucune intervention de l’internaute. La communication est instantanée entre l’entreprise et son client.

Le widget se répand par viralité. Les internautes séduits par une application la transmettent à d’autres internautes, très facilement. L’annonceur délègue en quelque sorte la distribution de son outil marketing.

Une obligation de pertinence 

Mais, l’écran de l’ordinateur, et plus encore celui du téléphone mobile, sont des espaces limités. L’installation d’un widget par l’internaute dépendra de la pertinence du contenu du module graphique proposé.

Condition sine qua non à satisfaire pour un marketeur: offrir un service à valeur ajoutée ou une application ludique, facilement accessible. Ainsi, la marque se donnera les moyens de  construire avec son client une relation durable et qualitative.

Les défauts de jeunesse

Le widget, on l’a vu, a  été porté sur les fonds baptismaux en 1996. Son envol date de 2000. L’outil est jeune. La Widget Marketing Association créée en 2007 travaille avec ses membres à la création de solutions permettant de résoudre différents problèmes liés en particulier à l’absence de normes relatives aux formats et aux méthodes de calcul du retour sur investissement. Car, il va de soi qu’une entreprise ne peut en aucun cas faire l’impasse sur l’analyse d’impact d’un widget qu’elle aurait développé.

L’union fait la force

Pour donner au widget de la force, permettre son renouvellement et son développement, les professionnels se sont unis. Aux Etats-Unis et en Europe, des conférences et une association exclusivement dédiées aux widgets ont vu le jour.

Depuis 2006, le Widget Summit, réunit chaque automne à San Francisco des acteurs qui ont su se faire un nom dans le monde des widgets. Ces rencontres permettent notamment de recueillir des informations sur les différents canaux de distribution, d’échanger sur les meilleures pratiques en matière de widget marketing, d’évoquer la nécessité de créer des outils qui mesurent les retombées économiques des widgets pour les entreprises.

La WidgetCon, qui s’est tenue à New York en juillet 2007, a permis la  création de la Widget Marketing Association (WMA). Réunissant des entreprises américaines engagées dans la conception et la réalisation de widgets, sa mission est de définir plus précisément cette mini-application, de la standardiser, de réguler son utilisation et de trouver un système de monétisation.

De l’autre côté de l’Atlantique, la 5ème Convention E-commerce qui s’est tenue à Paris en septembre 2008, a mis au programme de ses activités plusieurs conférences consacrées aux widgets.

Ouvertures sur le futur


Un des challenges des concepteurs de widgets est d’augmenter l’interactivité de l’outil et de conquérir les écrans. En particulier, les écrans des téléphones mobiles, un espace limité où il est difficile de jongler d’une application à une autre.

Avec les «mobile widgets», nous retrouvons les grands thèmes classiques: météo des pistes, convertisseur d’unités… Et puis, il y a les nouveautés, développées spécifiquement pour les téléphones portables. En Suisse, dans le Top 25 de l’iPhone, on trouve aussi bien un widget Coop qui fournit une aide pour faire ses achats plus efficacement que des jeux, tels que  iShoot Lite, dont le graphisme, revu et adapté pour le téléphone, est très apprécié des utilisateurs.


Il reste beaucoup à apprendre sur la manière qu’ont les personnes d’utiliser un média lorsque celui-ci est libéré des contraintes de temps et de lieu. En revanche, on sait le consommateur de plus en plus infidèle, voire indifférent parce que mieux informé, plus exigeant. Quant au marketing de demain, il semble acquis qu’il devra être mobile, ouvert, multidimensionnel, pluridisciplinaire. Tenant compte de ces paramètres, le widget devrait d’autant plus être l’objet d’attentions particulières ces prochaines années.

Références
Différents documents produits par des revues ou des organismes spécialisés ont été consultés pour apprécier les multiples points de vue sur les widgets.
http://journaldunet.com/ebusiness/
http://www.01net.com/
http://eco.montpellier-agglo.com/
http://www.toprankblog.com/
http://www.imediaconnection.com/
http://www.forevolution.fr/
http://ecommerceparis.com/2008/
http://widgetsummit.com/
http://widgetcon.com/


dossier préparé par:


Barbara Baracchi, Lucienne Gaillard, Ella Nkanagu, Sophie Rouquette Studer, Véronique Sieber