Serious games, peut-on vraiment jouer de tout? | Mai 2008


Serious games: chiffres et technologie

De tout temps, les jeux ont exercé de la fascination et une forte attraction sur l’espèce humaine. Du glaive au joystick; le jeu est devenu omniprésent, il n’est pas que ludique, il est devenu sérieux. D’où vient-il? Où va-t-il? Le jeu vidéo évolue à grande vitesse. Quelques pistes pour comprendre...

Aux frontières du réel et de la Suisse

On imagine volontiers que l’industrie du jeu vidéo possède des structures à la mesure de son immense marché. Rassemblement, congrès et expositions ne manquent pas, la plus importante est la Game Developer Conference de San Francisco. C’est dans ce cadre que le Serious Games Summit 2008 s’est trouvé une petite place pour y défendre son offre.

Aujourd’hui, il est surprenant de constater que la plus grande manifestation consacrée aux serious games se déroule à Lyon. La région Rhône Alpes et plus particulièrement Genoble dispose d’un parc technologique puissant et d’un nombre important de sociétés concentrant de larges compétences dans ce domaine.

Quelques chiffres

En 2007, les jeux traditionnels ont représenté un chiffre d’affaires de 27 milliards d’euros contre 7 milliards pour les serious games. Trois quart du marché des serious games est nord américain et est, il est vrai, largement tiré par le secteur militaire qui bénéficie d’importants moyens financiers.

En Europe, le secteur militaire et public est moins présent. En revanche, le secteur privé est beaucoup plus dynamique, notamment dans la formation. Mais restons réalistes, si une réelle expertise existe en France, elle demeure pour le moment destinée à un marché de niche.

Technologie

Les serious games engagent les mêmes technologies que les jeux vidéo traditionnels.

Les jeux simples sur le web peuvent être développés avec des outils de type Adobe Flash. Flash est un environnement de développement populaire d’animation de type vectoriel.

Les jeux sophistiqués utilisent le temps réel et l’animation en trois dimensions. Ces jeux exigent de la puissance de calcul ainsi qu‘une utilisation optimisée des cartes graphiques. Cela impose de la programmation pure et dure avec des outils traditionnels (C++, C#, Java) et l’utilisation de librairies graphiques spécialisées.

Les moyens nécessaires pour développer un jeu sont importants et engagent des compétences de pointe.

Pour créer un jeu, outre les aspects liés à la technique, il faut ajouter un scénario captivant, une ergonomie soignée au service de l’objectif défini pour le jeu. L’équipe qui produit le jeu se doit d’être pluridisciplinaire et se repose sur son expérience, notamment matérialisée par le « framework » logiciel qui est enrichit projet après projet.

« MOD » pour modification

Les éditeurs de jeux ludiques publient parfois leurs outils de développement (moteur de jeu), ce qui permet de modifier ou détourner un jeu.

C’est ainsi que des serious games ont été développés sur la base de jeux ludiques traditionnels.

Par exemple, l’armée américaine a développé le serious game « America Army » sur la base du moteur du jeu vidéo « Unreal Tournament ».

Les modifications peuvent être moins officielles. Par exemple, une greffe logicielle qui modifie un jeu afin d’introduire des séquences ou des situations à caractère politique.

Ainsi, nous constatons que la frontière entre le ludique et le sérieux peut parfois être ténue !

« Games 2.0 »

Le Web 2.0 met l’utilisateur au centre du web, qui devient à la fois consommateur et producteur de contenus.

La mise à disposition de nouveaux outils (par exemple, XNA Game Studio Expresse de Microsoft) offre de nouvelles perspectives, car chacun peut y développer un jeu.

De la même manière, on peut imaginer des jeux massivement collaboratifs où chacun est en mesure de proposer un tableau ou un environnement dans un jeu « collectif ».

Ainsi, un jeu serait une plateforme dans laquelle on pourrait trouver des parties purement ludiques et d’autres plus sérieuses, à savoir formative, informative ou publicitaire.

Sources:
Olivier Rampnoux professeur de marketing au Centre européen des produits de l'enfant
Julian Alvarez chercheur à Université de Toulouse et développeur de Serious Games
Du jeux vidéo au serious game – Thèse de Julian Alvarez [2007]
Serious Games Sessions Europe (www.sgseurope.fr )
L’incontournable : wikipedia.org
Jeux sérieux et autres jeux vidéos, dossier documentaire du Ministère de l’éducation nationale (www.educnet.education.fr/chrgt/jeux_serieux.pdf ).
Glané par ci par là : www.lemonde.fr, www.journaldunet.com, www.serious-game.fr

Réalisé par Pascal Rulfi


dossier préparé par:


Luis Clara-Fernandes, Bénédicte Furrer, Pascal Rulfi, Anne-Laure Vaudan, Caroline Véron