Le Web 2.0, évolution ou révolution? | Janvier 2008


Le Web 2.0 sous la loupe

Décryptage des origines, du concept et des caractéristiques Web 2.0. Sur quels modèle(s) économique(s) repose-t-il? Quelles en sont les applications marketing pratiques? Et quel futur pour le Web 2.0? La transition vers le Web 3.0 s’annoncerait-t-elle déj? ?

Web 2.0: décryptage

Quand le Web s’est-il transformé en Web 2.0 et que signifie ce terme? Décryptage des origines, du concept, et des caractéristiques du Web 2.0.

Origine

Aujourd’hui immensément populaire (environ 85'400'000 d’entrées sur Google (26.12.2007)), le terme Web 2.0 a été inventé en août 2004 par Dale Dougherty de O'Reilly Media au cours d’une séance de brainstorming avec Craig Cline de MediaLive, en vue d’organiser une conférence sur le web, laquelle verra d’ailleurs le jour en octobre 2004.

Dale partait en effet du constat que l’éclatement de la bulle internet en 2001 avait provoqué une véritable rupture dans l’histoire du web. Or, le web n’avait non seulement pas succombé à ce cataclysme mais il en était même ressorti grandi. Il est vrai que rares furent les entreprises qui y survécurent mais celles qui y parvinrent, surent se remettre en question et évoluer vers de nouveaux modèles économiques qui devinrent Web 2.0.

Habité d’un second souffle, le web se régénère et les innovations foisonnent, que ce soit à travers l’apparition de nouveaux sites ou celle d’applications à caractère innovant. Une nouvelle ère est née, celle du Web 2.0!

Source: http://www.eutech-ssii.com/ressources/view/1

Caractéristiques

Mais concrètement, que possède le Web 2.0 qui faisait défaut au Web 1.0? Lors de cette même séance de brainstorming, les distinctions principales suivantes ressortirent:

 

Web 1.0
vs
Web 2.0
=>
=>
=>
=>
=>
sites perso
=>
blogs
evite
=>
upcoming.org et EVDB
spéculation sur les noms de domaines
=>
optimisation pour moteurs de recherche
pages vues
=>
coût au clic
aspirateurs web
=>
services web
publication
=>
participation
systèmes de gestion de contenu
=>
wikis
arborescence (taxonomie)
=>
tags (”folksonomy”)
rigidité du contenu
=>
syndication de contenu

 

Tim O'Reilly et John Battelle définirent également sept principes clés, selon eux caractéristiques du Web 2.0:

  • Le Web en tant que plate-forme, c’est-à-dire, un ensemble de principes et de pratiques, dont les divers sites du réseau peuvent plus ou moins s’inspirer. L’image suivante l’illustre parfaitement.
  • nuage

  • Tirer parti de l’intelligence collective en suscitant de manière constante, à l’instar notamment d’Amazon, la participation des internautes (commentaires, suggestions, évaluations, etc.).
  • La puissance est dans les données d’où la compétition existant dans la constitution de bases de données stratégiques. Même si l’investissement de base peut s’avérer colossal, il permet la création d’un support pour des services à valeur ajoutée s’appuyant sur une source de données unique.
  • La fin des cycles de releases (versions), c’est-à-dire la disparition des logiciels-produit au profit des logiciels-service, nécessitant des mises à jour quotidiennes, et l’apparition de la «bêta perpétuelle», où des nouvelles fonctionnalités peuvent sans cesse être ajoutées.
  • Des modèles de programmation légers (par exemple, REST (Representational State Transfer)), dont l’objectif est la quête de la simplicité.
  • Le logiciel se libère du PC, à l’instar d’iTunes, conçu pour être multiplateforme, se servant du PC uniquement comme mémoire locale et système de contrôle.
  • Enrichir les interfaces utilisateurs, notamment grâce à la technologie star, AJAX, à l’origine de Gmail ou Flickr, qui permet la conception d’interfaces graphiques riches.

Sources:
http://www.internetactu.net/?p=6421
http://www.oreillynet.com/pub/a/oreilly/tim/news/2005/09/30/what-is-web-20.html

Définition

Ces éléments nous aident à cerner le contour du Web 2.0, mais il nous manque toujours une définition. Je tape donc «définition Web 2.0» dans Google et quelle n’est pas ma surprise (à moins que ce ne soit plutôt du désarroi…), de constater qu’il n’y a pas moins de 1'880'000 entrées (27/12/07)!!! Bon, pas de panique! Comme notre travail porte sur le Web 2.0, pourquoi ne pas commencer par la définition de l’un de ses ambassadeurs, à savoir Wikipedia:

«Web 2.0 se réfère à la seconde génération de communautés et de services en ligne tels que des réseaux sociaux ou des wikis qui visent à faciliter la collaboration et le partage entre les internautes. Les défenseurs de ce point de vue soutiennent que les services du Web 2.0 remplaceront progressivement les applications de bureau traditionnelles. Plus qu'une technologie c'est en fait un concept de mise en commun d'informations.»

Mmm, pas très convaincant… La définition reste tellement vague qu’elle finit par ne rien définir du tout. Essayons autre chose:

«Web 2.0: terme marketing désignant un ensemble de sites et de services répondant à plusieurs de ces critères: interface sobre et ergonomique (utilisation d'AJAX, de Flash), contenu multimédia (vidéos, podcasting), user-centric, sites verticalisés (sur un thème précis regroupant une communauté), maîtrise de l'information (flux RSS, nuages de tags) et surtout la célèbre "Bêta version", indispensable à tout site tendance!» (Fabien Deshayes)

Le Web 2.0, un terme marketing? A méditer! Même si nous nous éloignons de la renaissance prônée par O’Reilly et ses comparses, cette définition semble néanmoins plus exhaustive.

Fonctionnalités

Selon la classification de Future Exploration Network, l’univers Web 2.0 peut se résumer à quatre fonctionnalités majeures, illustrées par le graphique ci-dessous, à savoir, partage de contenu (YouTube, Flickr…), application Web (Zoho, Thinkfree…), recommandations/filtrage de données (Blinkx, Movielens…) et réseau social (MySpace, Facebook….).

Et de leur intersection émergent quatre fonctionnalités secondaires: widget/composante (Goowy, Feedburner…) évaluation/tagging (del.icio.us, Furl…), agrégation/recombinaison (Pageflakes, Netvibes…) et filtrage collaboratif (Last FM, Rollyo…).



landscape

Le Web 2.0 comme outil marketing

Marketeurs, surfez sur la vague Web 2.0, apprenez à dompter ces nouveaux outils, dynamisez votre réseau et votre chiffre d’affaire grâce au Web 2.0. Petite méthodologie appliquée des divers outils utiles à une meilleure synergie consommateurs - partenaires et collaborateurs internes.

L'invasion du Web 2.0

Simplicité, interactivité, valorisation des compétences de l’individu, autant de caractéristiques qui rendent les applications Web 2.0 incontournables pour les consommateurs. Les jeunes l’adorent, les parents en entendent parler tous les jours, l’invasion est lancée. Dans de telles circonstances, les marketeurs se doivent de surfer sur la vague Web 2.0 et exploiter les ficelles de ce nouvel univers de communication. Imaginez-vous dans la peau d’un marketeur: les internautes sont ouverts et disponibles car ils choisissent le moment pour surfer, vous pouvez recueillir leurs feedbacks et donc améliorer la qualité des produits et/ou services. Vous pouvez gagner la confiance de prospects via les commentaires des clients sur des forums ou blogs. Sans oublier que les profils des internautes sont ainsi plus précis et que vous pouvez cibler vos actions publicitaires de manière plus pointue.

Ces envahisseurs s’appellent Web services (services web), peer-to-peer networking (réseau peer-to-peer), blogs, podcasts, social networking (réseau social) et ils n’hésitent pas à bousculer les méthodes de marketing classique bien établies dans les sociétés. Ces applications Web 2.0 deviennent incontournables et l’étude menée par McKinsey en 2007 «How businesses are using Web 2.0», qui reporte les grandes tendances des technologies Web 2.0, ne fait que renforcer cette constation.

Des marketeurs satisfaits de leur investissement

Plus de la moitié des marketeurs interrogés dans l’étude McKinsey se montrent satisfaits du retour sur les investissements de ces cinq dernières années dans les technologies Web 2.0 et presque les trois-quarts souhaitent maintenir, voire renforcer leur présence dans la sphère Web 2.0.



investissement

Comment choisir les bons outils?

Les applications Web 2.0 les plus utilisées par les sociétés, toujours selon l’étude McKinsey, sont les web services, la collective intelligence, le peer-to-peer networking, le social networking, les flux RSS, les podcasts, les wikis, les blogs et les mash-ups.



choix

Perdu par la diversité des applications? Vous ne savez pas laquelle choisir? Voilà quelques idées qui peuvent vous guider. Choisissez le peer-to-peer networking pour partager des dossiers avec des partenaires d’affaires ou des collaborateurs internes. La rapidité de la connexion vous permettra le transfert de contenus lourds en temps réel. Préférez les blogs pour obtenir une discussion sur un sujet clé. Ils sont, en comparaison avec des newsletters, beaucoup plus faciles à mettre à jour. En interne, les blogs peuvent favoriser le partage d’expertise. Optez plutôt pour les flux RSS si vous souhaitez informer instantanément des mises à jour du contenu de vos applications Web 2.0. Développez des wikis pour collaborer en temps réel en interne ou avec des partenaires d’affaires et ainsi réduire votre volume d’échange d’e-mails. Adoptez pour les tags pour donner accès facilement à certaines ressources. Et finalement, créez des podcasts pour rendre public vos bandes son.

Consommateurs – partenaires – collaborateurs internes:
comment sont utilisées les applications Web 2.0

Les applications Web 2.0 sont principalement utilisées pour communiquer avec les consommateurs et les partenaires d’affaires et pour encourager la communication au sein d’une société.



buts_outils

Le blog semble très utilisé pour obtenir les feedbacks des consommateurs alors que pour communiquer avec les partenaires d’affaires, les managers favorisent les web services, le peer-to-peer networking, les flux RSS et la collective intelligence.

Comment se lancer dans la sphère Web 2.0?

Vous ne savez pas par où commencer pour plonger dans le monde des technologies Web 2.0? Nous vous proposons un GUIDE EN 10 ÉTAPES.

Mais si vous voulez plus simple, tentez l’expérience Facebook.
10 ÉTAPES POUR SE LANCER DANS LE MONDE DU WEB 2.0

  1. S’informer des technologies Web 2.0
    Questionner vos collègues et vos proches sur leurs habitudes de communication vous permettra de mieux comprendre les enjeux et l’importance des applications Web 2.0 et de cerner les différences entre méthode classique et technologie Web 2.0.
  2. Tester avec un profil fictif
    Créez-vous un profil fictif que vous utiliserez uniquement pour tester les applications Web 2.0. Inscrivez-vous pour recevoir des flux RSS, visitez Second Life, lancez votre profil sur Facebook ou MySpace, créez votre blog,... autant d’expériences en temps réel qui vous impliqueront dans le nouveau monde de la communication Web 2.0.
  3. Evaluer les possibilités internes existantes
    Votre société est-elle prête à développer des applications Web 2.0? Certaines rubriques de votre site sont peut-être déjà des espaces de communication participatifs. Discutez-en avec votre équipe web et votre équipe IT.
  4. Evaluer les risques
    Les protections informatiques internes à l’entreprise dressent parfois des barrières à la mise en place de ces applications. Discutez-en avec votre responsable IT avant même de dresser votre plan marketing. Evaluez aussi l’impact sur l’image de votre société. De même, vos partenaires d’affaires, seraient-ils prêt à accepter un nouveau service Web pour communiquer?
  5. Etablir un plan marketing Web 2.0
    Une séance de brainstorming Web 2.0 avec un groupe de travail interdépartemental vous donnera des idées créatives. En impliquant vos collaborateurs, vous augmenterez l’acceptation des nouvelles actions que vous lancerez. Soyez créatif, innovant, saisissez les opportunités existantes et favorisez les synergies avec des actions de votre plan marketing offline.
  6. Définir les résultats à monitorer
    En menant des campagnes marketing Web 2.0, vous pouvez poursuivre des objectifs qualitatif ou quantitatif. Souhaitez-vous tracker votre base de clients existants ou vos prospects, contrôler le flux de visiteurs, le taux de conversion, le chiffre d’affaires par consommateur, mesurer le coût des campagnes par consommateur, mesurer les retombées et le buzz relatif à votre société,... autant de mesures que vous pouvez définir comme indicateurs-clés.
  7. Participer aux applications Web 2.0
    N’attendez pas passivement que les internautes utilisent vos plateformes Web 2.0. Joignez la conversation sur les blogs et les forums, encouragez les visiteurs à «tager» ou «bookmarker» vos pages. Votre succès sur ces applications dépendra de votre implication. Alors n’ayez pas peur de vous impliquer et d’y participer activement.
  8. Ajouter régulièrement du contenu
    Enrichissez vos plateformes de communication participative. Existe-t-il de nouveaux services ou produits dont les internautes pourraient avoir besoin ou pourraient avoir envie de partager avec leurs amis? N’attendez pas et mettez-les rapidement en évidence sur vos applications Web 2.0.
  9. Profitez du succès actuel du multimédia
    Créez des podcasts, des images, des vidéos et postez-les sur différentes plateformes Web 2.0 telles que YouTube, Flickr,...
  10. Evaluer les résultats
    Mesurer les résultats des applications Web 2.0 et apporter les corrections nécessaires selon les objectifs que vous vous êtes fixés.

«FACEBOOKER» SON ENTREPRISE

Vous souhaitez vous faire connaître, construire ou reconstruire votre image de marque, renforcer le trafic sur votre site et finalement augmenter vos ventes, tentez l’expérience d’un réseau social tel que Facebook. En entrant dans ce réseau, votre objectif premier ne sera pas de promouvoir vos produits mais d’interagir avec des millions d’internautes. Une fois que vous vous seriez familiariser avec l'univers des "Facebookeurs", vous pourriez renforcer votre présence par deux moyens.

  1. Créer une application
    Facebook met à disposition une interface de programmation (API) que les programmeurs des sociétés peuvent utiliser pour créer de nouvelles applications créatives et utiles pour les membres (par exemple: ajouter de la musique à son profil et le partager avec ses amis). Ainsi, même si l’internaute ne se déplace pas sur le site Web de la société, il verra son logo et les informations qu’ils recherchent.
  2. Acheter des espaces publicitaires
    Il est possible d’acheter des espaces et de créer des bannières via «Facebook social ad» sans en être membre. Vous pourrez ainsi cibler de manière précise votre audience par mots-clés (profil, formation, job, âge, sexe, lieu géographique, etc.) et ainsi communiquer avec des internautes réceptifs.

L'enjeu: gérer son image de marque

Etre ou ne pas être présent dans la sphère Web 2.0... La réponse n’est que question de temps. En effet, utiliser ces plateformes comme outils marketing semblent inéluctable, au vu de l’envergure qu’elles prennent. Sans compter que les internautes d’aujourd’hui seront les managers de demain. Ils entrent actuellement dans les sociétés avec une tendance naturelle à se tourner vers les Facebook, Wikipedia, blogs et autres flux RSS comme moyen quotidien de communication. Nul doute que le jour où ils deviendront cadres, ils surferont sur la vague Web 2.0, voire Web 3.0. Tout n’est donc qu’une question de temps.

L’utilisation en marketing des applications Web 2.0 s’impose. Ces espaces participatifs favorisent le feed-back des internautes et génèrent des informations riches en un temps record. Mais elles ont aussi le pouvoir de réduire à néant tout aussi rapidement la réputation des sociétés. Up & down, le buzz qui régit le monde du web actuel voit son effet renforcé par les blogs, forums ou réseaux sociaux. En résulte un nouvel enjeu de taille pour les marketeurs: gérer l’image de marque d’une société. Ne voit-on pas là un nouveau challenge pour les responsables de relations publiques qui devront, non seulement cibler les journalistes et les leaders d’opinion mais être aussi capable de réagir rapidement aux commentaires positifs et négatifs qui naviguent dans l’univers Web 2.0. Affaire à suivre.

A la recherche de nouveaux modèles économiques

Communautaire, global, participatif et gratuit, le Web 2.0 est qualifié de nouvelle révolution. Mais quel est le secret de cette gratuité aux promesses de profits colossaux?

Le Web 2.0 est un monde de partage global et de communauté participative. Si le concept est enthousiasmant, il n’en reste pas moins que le financement de tous ces projets reste obscur pour le plus grand nombre.

Dans le monde traditionnel, un bien ou un service s’achète à un prix convenu. Ces transactions nous sont familières et nous sommes en mesure d’en comprendre les mécanismes. En revanche, le décryptage du business model «Web 2.0» est déroutant à plus d’un titre. D’où vient l’argent, comment pérenniser le succès, avec quels moyens?

Des modèles économiques variables

D’un coté, Microsoft investit 240 millions de dollars dans Facebook pour une part de 1.6%, ce qui valorise le réseau communautaire Facebook à 15 milliards de dollars. De l’autre, Wikipedia fait appel aux dons. Les montants restent plus modestes avec un million de dollars récoltés en 2006. Les donations couvrent tout juste les besoins d’exploitation de la plate-forme wiki. Pourquoi Facebook vaudrait 15 milliards alors que Wikipedia, dont l’utilité est reconnue, puisqu’il est le 6ème site le plus visité au monde, semble toujours chercher un modèle économique plus stable?
Finalement, tel Hercule Poirot, nous devons nous demander «à qui profite le crime». Un investisseur est certainement plus soucieux du retour sur investissement que de philanthropie. Par conséquent, les revenus existent et il faut savoir les débusquer.

Des revenus inattendus

Une des stratégies du Web 2.0 consiste à donner beaucoup et trouver des sources de revenus là ou on ne les attend pas forcément. Ainsi, sur le réseau communautaire Facebook, les utilisateurs dispensent ingénument une masse d’informations qui nourrissent des bases de données et qui pourront être exploitées de façon peu éthique. Les revenus existent donc bel et bien mais se nichent dans des recoins dont la majorité n’imagine probablement pas les implications. Par conséquent, on ne sera pas surpris de constater que la plateforme Facebook se trouve égratignée pour violation de la vie privée et manquement grave à l’éthique.

D’autre part, Facebook bénéficie de la faveur des médias, mais que se passerait-il si la tendance s’inversait brusquement sous une quelconque prise de conscience? La valorisation de la société serait-elle toujours aussi élevée? Le succès pourrait être bien éphémère.

Et que penser des services de messageries gratuites, si prompts à offrir de coûteux et volumineux espaces de stockages? Philanthropie? Certainement pas, les messages sont lus par le système afin d’adresser des publicités ciblées pour le plus grand bonheur des marchands. Accepterait-on que notre courrier postal soit ouvert par le postier afin de mieux nous cibler et vendre notre profil aux commerçants? Nous en doutons!

Recommander la prudence

Comme on le voit, si l’enfer est pavé de bonnes intentions, le monde du Web 2.0 n’est jamais très loin. Nous pouvons avoir le sentiment d’un jeu de gendarme et de voleur où les sources de profit sont toujours plus sophistiquées et se nichent là où on ne les attend pas, parfois au détriment de l’éthique et de la transparence.

Loin de nous l’idée de jeter le bébé avec l’eau du bain, cependant, à défaut de pouvoir décrire tous les modèles économiques du Web 2.0, il nous semble nécessaire de conserver une attitude critique sur l’offre qui nous est proposée. Publier ses photos, faire état de ses relations, se dévoiler au monde, donner ses connaissances sont des actes beaucoup moins anodins qu’il n’y parait. Ces gestes désormais courants méritent quelques réflexions.

La transition du Web 2.0 en Web 3.0: quel futur pour le Web?

Plus qu’un agrégat de nouveaux outils, le Web 3.0 va modifier notre rapport à la connaissance et à l’objet... On parle Web 2.0 dans les grandes conférences mais y conceptualise déjà le Web 3.0 de demain.

La quatrième édition de la conférence sur le Web a eu lieu les 11 et 12 décembre dernier à Paris. Organisée avec un budget d'un million d'euros - ce grand show à l'américaine a permis à nombre d’investisseurs de rencontrer les étoiles montantes du secteur du numérique, des nouvelles technologies de l'information et de la communication.

Même si on a beaucoup discuté des dernières innovations du Web 2.0, on y a également parlé évolutions technologiques, changements de comportements, tendances du marché, piratage, monde virtuel, start-up innovantes, Wifi, des derniers sites de réseaux sociaux ou d'information participative, de convergence numérique, téléphonie mobile, blogs etc. bref de tout ce qui ce fait de nouveau et de lucratif sur Internet.

Outre les stars du Web, une trentaine de jeunes entrepreneurs ont été sélectionnés pour présenter leur start-up (Zyb, Erepublik, Yooplus, Semingo, AdpayTv, Screenvision, Splitgames, Wixi, etc..), avec l’espoir de rencontrer un gros business angel. Des responsables de sites bien établis, de Netvibes à Facebook en passant par Tweeter ou Digg, sont également là pour faire leur promotion, voire lancer quelques scoops, immédiatement relayés sur le réseau par les centaines de journalistes et bloggeurs présents.

Principale motivation des commerciaux: le réseautage

Connaître et se faire connaître, tel est le but des commerciaux présents. On y rêve financement, business plan, monétisation d’audience... les espoirs sont importants, spécialement dans les pays mal desservis et hors grandes zones commerciales… La globalisation n’est pas prête de s’arrêter… Les participants de la conférence Web 3.0 l’ont promis: demain, Internet sera plus social, plus mobile et toujours plus friand de vidéos.

Vers un Web plus social?

Web social... le terme revient fréquemment concernant le Web 3.0. Tandis que FaceBook ou MySpace connaissent un véritable engouement, Google est venu réaffirmer ses ambitions via sa plate-forme OpenSocial, qui va, selon l’entreprise, bientôt contaminer tous ses services.

Des logiciels de cartographie, en passant par le e-commerce, les agrégateurs comme Netvibes, les bureaux virtuels sur Internet, tous convergent vers des lendemains soit disant plus sociaux. Mais ces sites et fonctions sociales seront-ils compatibles? Verra-t-on émerger une seule identité numérique? Et sous quelle bannière? Premières réponses en 2008.

La téléphonie partie intégrante du Web 3.0?

Le Web semble enfin mûr pour une mobilité grand public: l’iPhone symbolise cet accès simplifié à un Internet mobile. Nokia présente en grande pompe sa nouvelle plate-forme Ovi qui offrira un lien à ses millions d’utilisateurs vers la musique, le jeu, et la vidéo en ligne. Le but de la start-up toulousaine Goojet –qui raflé le prix de la jeune pousse la plus innovante -est, rien de moins que de rendre accessible le Web à tous sur portable.

Vers un Web plus animé?

YouTube, DailyMotion, et autres Wat ont le vent en poupe mais le Web du futur compte aller encore plus loin dans l’intégration de la vidéo. Des start-ups comme Asterpix promettent encore plus d’interactivité. On pourra par exemple cliquer sur un footballeur pour connaître ses statistiques en cours de match ou cliquer sur la bouteille de soda qu’il est en train de boire et acheter la même en ligne. La baisse des coûts de tournage permet également à chacun de diffuser sa propre émission, en direct, sur Internet...

Autre tendance: le concept de l’ "objet-service"

L'évolution du marché de l'électronique tend à présent vers le concept de l'objet service, qui scinde en deux, d’une part l'objet, avec son interface utilisateur (aspect et ergonomie), et d'autre part, les services qu'il apporte.

Des objets quotidiens peuvent ainsi être totalement repensés en un assemblage original de fonctionnalités comme Meccano qui révolutionne la vidéosurveillance en lançant son robot Spykee, sorte de centre de communication et multimédia sur roues connecté en WiFi. Grâce à la dématérialisation des flux de données et l’atomisation des fonctionnalités il devient possible de repenser notre relation aux objets, leur façon de s’intégrer à notre environnement et leurs interactions.

L'étape suivante consiste à permettre à tous ces objets-services d'interagir les uns avec les autres, afin de réaliser de véritables mash-ups non plus limités aux services du Web mais intégrant également les services-objets. Combinez par exemple un détecteur de présence, un arroseur automatique et un service de météo en ligne et votre jardin aura toujours un arrosage optimal. Connectez votre alarme et vos appareils ménagers et mettez votre maison en standby lors de vos absences... la liste est infinie, limitée seulement par l’imagination et les possibilités technologiques du moment...

Ces applications ne sont pas forcément limitées à une zone géographique. En effet, si ces objets sont reliés à Internet, rien n'interdit de les mettre en lien avec d’autres objets distants (comme cela se fait déjà avec les services de Weather Channel, Google Maps, la géolocalisation…)

Actuellement, il ne manque plus qu’une plateforme permettant de mailler ces services afin d’aporter une réelle valeur ajoutée...

Des objets "communicants"… difficilement entre eux

Le coût de la communication a subi une forte décroissance grâce à la maturation des technologies. Intégrer, par exemple, le WiFi dans une téléphone coûtait 20 dollars en 2005 pour seulement 5 dollars aujourd'hui. Les nouvelles générations d'objets électroniques sont désormais proposées avec (au moins en option) cette fonctionnalité. Néanmoins, le hardware n'est rien sans la couche de logiciel qui permet à l'objet de faire un usage utile de cette fonctionnalité.

Or, c'est souvent là que le bât blesse, les méthodes de connection restant complexes, leur ergonomie limitée et les objets achetés deviennent alors une suite de déceptions et de frustrations pour leur acheteur, qui a accepté de payer plus cher un e-objet. Et quand ces objets arrivent enfin à se connecter au routeur domestique, on se rend compte qu'ils ne communiquent pas avec leurs semblables... Impossible d'envoyer les messages du Nabaztag sur sa chaîne Hi-Fi, de jouer le film présent sur son disque réseau vers l'écran de son téléphone mobile… Bref, un manque manifeste de transversalité, d'interopérabilité et de simplicité vient noircir le tableau de ces objets communicants.

Le Web 3.0 a donc encore de nombreux défis à relever pour se démarquer définitivement du Web 2.0...

Sources:
http://www.vnunet.fr
http://afp.google.com
http://www.journaldunet.com
http://www.fredcavazza.net/2007/11/14/pourquoi-je-ne-crois-plus-en-facebook
http://www.journaldunet.com
http://www.usinenouvelle.com/article/page_article.cfm?idoc=124032&numpage=1
http://www.infotoday.com/mls/mar07/Fichter.shtml
http://www.teksteel.ca



Réalisé par Caroline Véron, Luis Clara-Fernandes, Anne-Laure Vaudan, Bénédicte Furrer et Pascal Rulfi


dossier préparé par:


Luis Clara-Fernandes, Bénédicte Furrer, Pascal Rulfi, Anne-Laure Vaudan, Caroline Véron