"Meetic, mi-raisin", je séduis sur le Net | Novembre 2007


Interviews Meetic

Rencontre avec Jacques Hainard, directeur du Musée d’Ethnographie de Genève, et Florianne Bossert, psychologue. Ces deux interviews font la lumière sur le phénomène sociologique et la démarche psychologique des utilisateurs. Cette partie est complétée par des entretiens avec «un gars, une fille». Schatzi Funny et Zapi livrent leur vision de meetic en tant qu’utilisateurs.

De la bonne disposition à la rencontre

Notre société contemporaine vit-elle une «crise de la rencontre»?

Notre société traverse ce phénomène qui s’observe par la solitude que les gens rencontrent en milieu urbain. La perte de contacts est tragique, notamment chez les personnes âgées, qu’un voisin retrouve par hasard, mortes, seules, un jour. On retrouve le même effritement social chez les jeunes.

Dans ce contexte social, que représentent les sites de rencontre?

Le site apparaît comme le lieu rêvé où les personnes n’ont plus besoin de se mettre en scène physiquement. Il exprime le besoin de communiquer. Tout est médiatisé par le virtuel et nous ne percevons plus les limites. Pour répondre à ce même besoin, Edipresse va mettre en ligne sur son site un « hommage aux défunts » où le public aura accès à la vie complète de la personne décédée. Les internautes pourront alors y apporter des témoignages, etc. La volonté de communiquer au-delà même de la réalité tangible est omniprésente dans notre société contemporaine.

Doit-on diaboliser cette «idéologie de la communication» ou, au contraire, la concevoir comme une libération des contraintes (corps, temps, espace) ouvrant une nouvelle ère sur l’imaginaire?

La communication sur Internet comporte une certaine part de perversité difficilement contrôlable, comme les sites pornographiques, les sites pédophiles, etc. De tels sites seraient impensables dans le réel. Le surplus d’information nous fait perdre la pertinence de savoir ce qui est important ou non, ce qui se dit ou non. Elle nous fait perdre de la substance. La banalisation, les multiples faits divers occupant les premières pages, faussent la perception des gens qui ne savent plus analyser. Tout semble s’égaliser.

La réflexion, l’écriture philosophique, scientifique et littéraire permettent de mieux cerner les problèmes plutôt qu’une «soupe» d’informations. Aujourd’hui, nous avons les moyens de dire n’importe quoi à n’importe qui. Il y a une simplicité, une facilité dans l’échange d’informations qui n’existait pas avant et qui pose le problème du recul, du temps permettant la réflexion. De plus, l’écriture a changé de forme. Notre société a oublié ce qu’est le rituel de la «lettre»; elle a perdu cette « disposition » qui demande du temps. La forme même de l’écriture forçait les gens à être précis, concentrés sur l’important.

Comment s’explique ce surplus de communication et en même temps cette incapacité à rencontrer, à échanger avec autrui?

Pour communiquer, il faut s’engager, il faut prendre position ce qui n’est pas chose aisée. La rencontre nécessite une construction de conditions permettant de faire le pas. Je viens d’un village, Fleurier, où tout le monde se salue dans la rue, où les gens sont prêts à parler, prêts à partager. La communication se mérite, elle ne nous tombe pas dessus ! Il faut développer une stratégie pour capter le regard des personnes. Chaque matin, en venant au MEG, je discute avec les personnes que je croise régulièrement. On me fait des commentaires sur mes cravates, on parle du ciel et de la pluie ! Ces mêmes personnes m’ont fait remarquer que le musée était mal signalisé dans la rue. J’y ai alors remédié. L’information passe, la rencontre se réalise pour autant de cultiver une prédisposition à parler aux gens.

Le cyberespace est-il une simple transformation du réseau des communications ou exerce-t-il également une influence sur nos manières d’agir et de penser?

Ma crainte principale consiste en la perte des responsabilités qu’engendre le cyberespace. Les personnes ne prennent plus position et ce phénomène est redoutable. En effet, ce sont les capacités à se construire un esprit critique, à faire la part des choses, à disséquer l’importance du banal, l’éphémère du vrai, qui sont essentielles. La société est mise en danger si elle ne se pose des questions de philosophie éthique. Le virtuel représente toutes les figures possibles du réel. Une réflexion doit être dès lors menée: lorsque le virtuel passe à l’acte, que se produit-il?

La multiplicité des mondes possibles mettrait-elle en péril notre idée de l’humanité?

J’ai confiance en les êtres humains. Les sociétés humaines sont intelligentes et ont la capacité d’être raisonnables. Elles gardent en elles des moments de réflexion forts qui balisent les excès. Notre regard a cependant changé. Le moindre fait divers est mis en exergue et communiqué quasi instantanément d’un bout à l’autre de la terre. Notre vision en ressort nécessairement modifiée. L’analyse demande du temps et fait cruellement défaut à notre quotidien. Le manque de mise en perspective est néfaste mais je suis sûr que la société reste capable de reformuler une réflexion de fond.

Quel rôle doit jouer le musée dans notre société?

Le musée, et en particulier l’anthropologie, doit attirer l’attention sur des sujets d’actualité, montrer la complexité, construire un discours critique pour que les gens en ressortent déstabilisés. Le musée est une entreprise de déstabilisation de la vérité que chacun croit avoir en lui. Il est le lieu de fabrication du doute métaphysique, le lieu des possibles afin de montrer les dangers d’une vérité unique.

Et le bonheur dans tout ça?

Le bonheur, c’est la compréhension. Nous ne pouvons accéder au bonheur que lorsque nous comprenons, lorsque nous touchons à l’essentiel. Pour ce faire, nous devons sauvegarder une distance par rapport à l’immédiateté des faits quotidiens et réfléchir sur une société qui pourrait mieux se structurer en laissant des plages d’existence, en donnant une chance à ceux qui se sentent exclus.



Réalisé par Christina Kitsos.

Une interface populaire avec ses règles et ses dangers

Les utilisateurs des sites de rencontre ont-ils des profils spécifiques/styles de vie particulier?

Il n’y a absolument aucun profil spécifique, tous les styles de personnes sont représentées, de l’ado puceau coincé au golden boy collectionneur de femmes, de la jeune célibataire à la ménagère mariée de plus de 50 ans. Les utilisateurs des sites ne sont rien d’autre qu’un échantillon de la population dans son ensemble. Toutes les catégories sociales, tous les âges sont représentés.

En somme, le seul critère de distinction valable est celui reposant sur la motivation des utilisateurs. Effectivement, certains individus  recherchent  une rencontre amoureuse, l’homme ou la femme de leur vie, alors que d’autres, des relations sexuelles sans lendemain. Si les sites sont utilisés de façon correcte et surtout honnête, celui qui répond, consulte ou cherche ne devrait, idéalement, pas être trompé dans ces choix.

Les attentes de l'utilisateur varient-elles selon le genre?

On pourrait dire que traditionnellement, ou du moins au début de ces sites, les hommes recherchaient statistiquement parlant plus l’aventure et les femmes  plutôt  une histoire pouvant déboucher sur une relation sérieuse et durable!

Toutefois, ces sites suivent également la température de la société et il y a de plus en plus d’équivalence entre les hommes qui cherchent “une épouse potentielle” par ce biais et les femmes qui cherchent  une aventure!!  Il est probable que les choses s’équilibrent !

Les attentes varient-elles en fonction des différentes classes d'âge?

A nouveau, au delà des idées toutes faites, du type, les jeunes cherchent du sexe et les vieux le mariage, je crois que c’est nettement plus complexe.

La sexualité des personnes plus âgées est moins taboue d’une part, d’autre part, beaucoup de jeunes peinent à trouver un partenaire sérieux avec qui construire.

On peut donc dire que dans toutes les classes d’âges il y a des gens qui recherchent des partenaires d’un jour et d’autres des partenaires de toujours. On peut juste rajouter que les gens divorcés (donc ceux qui sont plus âgés) cherchent plus des unions libres que les célibataires qui privilégient de plus en plus  le mariage comme aboutissement  à leur quête.

Les plus grandes différences se font principalement dans le langage utilisé, (plus cru et plus direct chez les jeunes), mais les attentes et les finalités sont souvent les mêmes.

Les tactiques de séduction employées sont-elles différentes sur les sites de rencontres?

Les tactiques de séduction sont infiniment différentes dans le sens où elles sont  purement verbales (ou presque, parfois une photo est envoyée mais rarement au début). L’absence d’information change passablement la donne, une intimité forte se crée par un échange de correspondance avec un inconnu avec lequel on se livre facilement. Mais la mise en correspondance avec la personne concrète est souvent l’occasion de surprises.

Dans une rencontre réelle, au delà de ce qui se dit, l’attitude, la gestuelle, tout le langage non  verbal est à l’oeuvre dans ce processus de séduction. De même que tous les paramètres encore plus inconscients que sont les odeurs, les phéromones émises.

On peut dire  que,  dans la rencontre réelle, c’est un tout, extrêmement complexe et un phénomène très inconscient qui se joue dans l’attirance ressentie!! Cela dépasse de beaucoup ce qui est dit verbalement.

Dans  la rencontre sur le net, la construction de la séduction se fait presque uniquement sur la sphère verbale et sur les représentations mentales et les fantasmes  qui en résultent. Le passage à la vraie rencontre peut être très rude. Les tactiques sont donc différentes de faits. Pas par choix.

Les sites de rencontres peuvent-ils faciliter les démarches d'individus dont le comportement est déplacé voire dangereux?

Oui bien sûr, car Internet offre un anonymat fantastique. Qui peut dire que celui qui se prétend femme libre de 30 ans n’est pas un homme  marié de 50.  Plus sérieusement, les plus grands risques concernent les adolescents car les pédophiles sont très doués pour entrer dans leur monde. Fins manipulateurs, ils arrivent parfois à tromper des jeunes et à les rencontrer. Les sites pour jeunes sont toujours à plus haut risque et leur utilisation se doit d’être supervisée par des adultes.

On peut également imaginer que cet anonymat peut être une aubaine pour des  prédateurs sexuels, des violeurs en puissance voir pire.

Je ne sais pas s’il existe des statistiques montrant qu’il y a plus d’agressions commises suite à ce genre de rencontre que lors de rencontres “traditionnelles” mais je ne pense pas!  

De toute  façon dans la “vraie vie”, les hommes violents et les psychopathes peuvent être assez charmeurs et bien s’en sortir dans le jeu habituel de la séduction! De surcroît, les premières rencontres faisant suite aux contacts sur ces sites se déroulent en général dans des espaces publics donc je ne vois pas de danger particulier.

Les sites de rencontre peuvent-ils être un remède en cas de difficulté pour aller vers les autres?

Je n’y crois pas trop du fait du côté désincarné de ces contacts. Ce qui fonde l’aptitude à être en lien, c’est la capacité à rencontrer une personne  et trouver le contact et le rapport. Dans la correspondance électronique, on est trop loin de cette dimension charnelle de l’existence, à mon avis...  Toutefois....  Je pense qu’on peut proposer ce genre de démarche pour quelqu’un de très isolé, dans le but d’une espèce de “remise en selle”  relationnelle, à condition que la rencontre réelle soit rapide et que cela ne devienne pas un mode de fonctionnement récurrent et enfermant.

J’encouragerai toujours, la prise de contact réel, les sorties dans des lieux publics, des inscriptions dans des salles de sport, de développement personnel, de loisirs divers, toujours, avant de proposer à quelqu’un de tenter les sites de rencontres.



Réalisé par Nicolas Candolfi

Expériences de "cyber-séducteurs"

Qu’est-ce qui vous a incité initialement à vous rendre sur un site de rencontre ?

Un gars: A l'origine, mon objectif était simplement de rencontrer quelqu’un, de rompre la solitude.

Une fille: J’étais seule et je me suis inscrite pour rencontrer quelqu’un. Ce type de site est à mon sens le moyen le plus facile et rapide que j’ai trouvé pour rencontrer des gens. En revanche, ce n’est pas nécessairement le meilleur en termes de qualité. Une chose est certaine : il n’y a pas d’ambigüité sur ce que les utilisateurs recherchent. Le gain de temps y est donc évident. Au fond, tout cela est très rationnel probablement au détriment du romantisme.

Et aujourd'hui ?

G: C’est un véritable lieu d’échange, on a l’occasion de rencontrer des gens vraiment différents et c’est très distrayant. Il m’arrive parfois d’avoir simplement envie de m’amuser en discutant ou charriant d’autres utilisateurs. Il y a également les moments où j’ai tout bêtement envie de baiser. En somme, cela dépend de mon humeur du moment.

F: Je suis avec quelqu’un et n’y vais plus depuis près de 2 ans.

Quel(s) site(s) utilisez-vous ?

G: Uniquement Meetic. Vous savez rencontrer quelqu’un à travers un site implique qu’il couvre  une zone géographique proche de la mienne, à savoir Genève - Lausanne. Ca ne m’intéresse pas de discuter avec des gens ailleurs en Europe ou aux Etats-Unis dans la mesure où les chances que cela aboutisse sont  très minces. Un autre facteur de ce choix unique est bien entendu le coût. Multiplier le nombre de site sur lesquels ont est présent augmente les coûts mais pas nécessairement les chances de succès.

F: J’allais sur Meetic et Swiss Friends en parallèle pour voir la différence entre les deux. L’idée pour moi était de multiplier les chances mais j’ai rapidement découvert qu’il s’agissait des mêmes personnes. On les reconnaît d’ailleurs très vite. Je me suis lassée assez vite car j’avais toujours à faire aux mêmes personnes sur une période courte. A la réflexion, il faudrait couper un moment pour trouver des personnes différentes.

Pourquoi ce site en particulier ?

G: Avec un tel choix, pourquoi en choisir une autre ? C’est la plus importante offre de la région. De plus, il propose des profils et l’on peut filtrer par région. Ces deux éléments sont à mes yeux essentiels.

F: C’est le plus « user friendly », le plus ludique. De plus, comme c’est la Suisse romande qui m’intéressait, le choix n’était pas très large.

Et avant Meetic ?

G: Avant, je consultais régulièrement Caramail qui était davantage destiné au chat. Quand Caramail a été remplacé par Swiss Friends, j’ai changé pour Meetic.

F: Meetic fut le premier site de ce type que j’ai consulté.

Avez-vous constaté d’importantes différences entre les deux ?

G: Caramail était beaucoup plus «libre », moins contenu dans les propos. Les gens s’y laissaient plus aller.

F: Sur Swiss Friends, j’ai rencontré aussi des personnes qui cherchaient des amis, notamment des filles fraichement arrivées dans la région qui voulaient sortir. Cela ne s’est jamais produit sur Meetic.

Quel est votre fréquentation du site ?

G: Cela fait maintenant 1.5  à 2 ans que je consulte Meetic. Ma fréquence d’utilisation varie selon les périodes. En général, quand je suis seul et dans une période propice, je consulte le site tous les jours en moyenne une heure et demie à deux heures. Il m’arrive même parfois d’y passer 4 heures de suite. Le temps y passe parfois très vite.

F: J’ai commencé en 2003 pendant une durée de 7 à 8 mois. Au début, je me rendais sur le site 2 à 3 fois par semaine surtout les week-ends. Je pense qu’en moyenne je restais connectée une 1 heure en semaine et 2 à 3 heures le week-end. Il m’arrivait également d’y aller tard le soir. J’ai eu l’occasion de constater que après les 8 mois en question, j’ai arrêté comme j’étais avec quelqu’un et y suis retournée une année plus tard l’espace de 2 à 3 mois.

CHF 250.-/an pour l'abonnement est-il un avantage ou un inconvénient ?

G: Non, on peut considérer cela comme gage de qualité même si je suis déçu que les femmes doivent également payer depuis peu. Cela a eu une répercussion sur la moyenne d’âge qui doit aujourd’hui être proche de 28 ans. Au début j’avais un abonnement  trimestriel. Maintenant plus, je craque pour un mois de temps à autre.

F: Je n’ai jamais eu d’abonnement. Aujourd’hui que c’est payant pour les filles, je ne pense pas que je souscrirai à un abonnement.

Comment avez-vous composé votre profil?

G: A part l’absence de photo et d’indication salariale, j’ai composé mon profil de manière transparente sans exagérer mes qualités. Au fond, j’essaie d’être le plus naturel possible en évitant le romantique et en misant sur l’humour. Au sujet de la photo, c’est un choix délibéré. Mais attention, on n’y échappe pas si on ne veut pas perdre de temps.

F: De manière honnête. Au fond, si l’on veut que cela fonctionne, on ne peut pas mentir. Imaginez la surprise le jour où vous vous rencontrez...

Avez-vous une tactique particulière?

G: Parfois, selon mon humeur, il m’arrive de recourir à la tactique du «rentre dedans». Lancer un message comme «salut beauté, ça roule» ou compliment «charmant sourire» peut s’avérer payant. J’ai eu aussi commencé par une question complément saugrenue «il faisait beau en Valais?» alors que ça n’a rien à voir. Dès que l’on obtient une réponse, on peut commencer le travail de sape.

Enfin, on peut aussi faire de la communication de masse en copiant et collant une phrase à un maximum de personne. J’envoie ainsi un message à 50 filles au hasard leur disant: «tu veux baiser cet après-midi?». En moyenne 25 ne répondent pas, 10 vous black listent, 10 déclinent poliment et 5 répondent franchement. Au bout du compte, 2 seront vraiment intéressées par la proposition.

Parfois, dans une zone géographique déterminée, il n’y pas plus de 30 utilisatrices en même temps. Dans de tel cas, j’étends le territoire en passant sur MSN France par exemple et demande à des filles si elles sont des webcams. La logique n’est plus du tout la même, car l’objectif n’est plus la rencontre mais l’érotisme pure. Ca m’est arrivé 2-3 fois.

F: Non, rien de spécial. Je contacte les gens naturellement et m’intéresse à eux par nature.

Vous êtes-vous déjà fait censurer ou sortir du site par un administrateur?

G: J’ai été plusieurs fois mis en black list et, plus grave, dénoncé à une ou deux occasions aux modérateurs. Cela a débouché sur une menace de me faire couper mon compte. Il peut arriver qu’une plaisanterie soit mal interprétée.

F: Non, je n’ai même jamais mis personne en black list.

Combien de personnes avez-vous rencontré en vrai ?

G: Entre 20 et 30 dont un flirt qui est depuis devenu une amie et 4-5 partenaires sexuelles.

F: Environ 15. Deux rencontres ont débouché sur une relation sérieuse et une pour un soir.

Est-ce que vous assumez socialement vos relations via meetic?

G: Je n’ai aucun problème avec ça, même si j’ai un peu plus de réserve vis-à-vis de mes parents. Au fond je trouve le principe assez glauque surtout si tu as encore une ancienne relation en tête. Ce genre de sites ne t’apporte pas de solutions.

F: Je crois que je trouvais le principe de ce type de sites peu glauque, pas romantique du tout: Cela ne faisait d’ailleurs pas tellement partie des mœurs admises. Aujourd’hui je pense que cela a changé car les gens le reconnaissent s’être rencontré sur Meetic plus facilement.

Au fond, est-ce que Meetic a répondu à vos attentes?

G: Oui, en particulier quand je me sens seul et que je chate avec quelqu’un ou lorsqu’il n’y a rien à la télé. J’ai également eu l’occasion de faire quelques bonnes rencontres sans pour autant n’avoir jamais eu d’objectifs quant à une personne en particulier. Même si le moteur de ma démarche fut de rencontrer quelqu’un, je n’ai jamais pensé y rencontrer la femme de ma vie. Tant mieux si c’est le cas, mais ce ne fut pas ma démarche.

C’est également un excellent moyen d’avoir du cul qu’on soit seul ou en couple. Pour ceux qui sont célibataires, on peut trouver des partenaires pour meubler les dimanches après-midi pluvieux, pour les autres on minimise les risques de se faire prendre la main dans le sac…

F: Je ne pense pas. Certes, selon les horaires on y rencontre des gens qu’on n’aurait jamais rencontrés autrement mais c’est à double tranchant. A la réflexion, j’ai rencontré beaucoup de personnes mal dans leur peau ou asociales. Les rapports sont d’ailleurs très banals et l’on se raconte toujours la même chose sans dégager la moindre sensualité.

Au fond, je suis d’avis que la marge d’erreur est plus grande que par d’autres procédés. Je m’explique, lorsque l’on est dans un restaurant, il y existe une ambiance, une atmosphère que l’on a choisie. Parmi les gens qu’on y rencontrera, je pense qu’une bonne partie partage ces goûts. Cela ne sera jamais le cas sur Meeticcar seul l’envie de rencontre est commune. En revanche, on peut y avoir beaucoup de plaisir et bien s’amuser. 



Réalisé par Grégoire Pennone.


dossier préparé par:


Nicolas Candolfi, Christina Kitsos, Grégoire Pennone