Le Web révolutionne la télévision | Mai 2007


Comment le Web révolutionne la télévision

La télévision ne sera plus jamais la même. Avec la naissance de la Web TV le média télévisuel a profondément changé. Quel est la situation des producteurs? Comment les diffuseurs se positionnent-ils sur le marché? Que représentent ces changements pour le consommateur? Cette analyse vous fournit de nombreux indices.

La nouvelle télévision est en marche!

La télévision ne sera plus la même depuis l’intrusion d’Internet. Les possibilités offertes à travers l’interactivité et l’accessibilité personnalisée au contenu requièrent des changements de comportement et de technique dans la profession et modifient les habitues des téléspectateurs. Interrogé à ce sujet, Philippe Mottaz met en exergue trois domaines particulièrement touchés par ces changements: les producteurs de contenu, les diffuseurs de contenu et la publicité. Dans un supplément d’article il explique les principes qui sont à la base de l’évolution des médias.


La télévision sous l’emprise d’Internet

Nous sommes environ 2000 ans après JC. Tous les médias ont été pris d’assaut par les nouvelles technologies du Net. Tous ? Non ! Un média résiste encore et toujours à l’envahisseur : la télévision. Mais combien de temps encore ? Les techniques et les infrastructures nécessaires à la maîtrise du média télévisuel se laissent difficilement dompter sur Internet, et pourtant en 2007…

Mais laissons s’exprimer un historien des temps modernes pour nous donner un aperçu de se qui s’est réellement passé depuis lors.

Oliver Ezratty (http://www.oezratty.net/)  tient un blog appelé Opinion Libres. Il traite des questions portant sur les stratégies de l’Internet. Pour lui la télévision est le dernier maillon des médias qui est en train de passer dans la moulinette de la convergence numérique. Selon lui on n’est encore qu’au milieu du gué. Il précise : « La télévision devient multiforme : De la basse définition sur mobiles et PC à la haute définition sur grand écran, des grandes chaînes à la télévision amateur sur YouTube, de la télévision en famille à la télévision personnalisée que l’on regarde n’importe où sur n’importe quel appareil, et la multiplicité des tuyaux en entrée (câble, satellite, hertzien, Internet) qu’en sortie (wifi, PC, mobiles, écrans, Internet). C’est un véritable déluge de programmes payants et gratuits sur le consommateur ».


Historique et définition de la Web TV

Les premières Web TV sont apparues aux Etats-Unis, dès qu'il a été facile de diffuser de la vidéo sur Internet, c'est-à-dire lorsque la société Real Networks a mis gratuitement son logiciel de "streaming" à disposition des internautes. En France, les premières utilisations de la vidéo sur Internet ont été professionnelles. En Europe la première diffusion vidéo en direct sur Internet a eu lieu en novembre 1997 lors du Congrès Mondial  d’Endo-cardiologie en Italie.

Aujourd'hui, toutes les chaînes de télévision classiques sont accessibles en ligne, en direct et en vidéo à la demande. Mais depuis cette époque pionnière, les "chaînes" originales sur le net sont plus rares et si la Web TV connaît aujourd'hui un fort regain d'intérêt, c'est grâce au fort développement des sites de vidéo participatifs : Youtube aux Etats-Unis et en France Dailymotion…

Voici une définition de la Web TV  telle que nous pouvons la trouver sur Wikipedia: «On désigne par Web TV tout site Internet dont les contenus sont à dominante vidéo. Une WebTV utilise la technologie du streaming pour diffuser ses contenus. Les clients appellent un flux vidéo qu'ils regardent à partir de leur navigateur ou d'un lecteur multimédia».


Les grands bouleversements de la télévision

Pour savoir ce qui va changer dans le domaine de la télévision, nous nous sommes adressés à un expert en la matière. Philippe Mottaz, professionnel de la télévision, a une large expérience dans les nouvelles technologies de l’audiovisuel. Il perçoit d’importants changements principalement dans trois secteurs : la production de contenu, les fournisseurs d’accès par rapport aux réseaux et aux technologies utilisées et enfin la publicité.

Philippe Mottaz met en exergue le fait que les producteurs de contenu sont devenus plus prescripteurs que jamais. Ces producteurs font face à une multiplication de canaux et de plateformes de diffusion et donc à un accroissement constant de la demande. Les plateformes recherchent des contenus de qualité qui par leurs thématiques sont fédérateurs et donc générateur d’audience. Les acteurs qui fabriquent ce contenu se retrouvent donc dans une situation relativement confortable, notamment les grands acteurs du domaine du sport tels que la FIFA, l’UEFA et le CIO. Ces derniers peuvent vendre des événements sportifs à un plus grand nombre de demandeurs pour des sommes toujours plus importantes. Evidemment que les télévisions dites traditionnelles qui produisent du contenu sont également les grands bénéficiaires de cette évolution. En contrepartie, ces producteurs de contenu doivent s’ouvrir aux nouvelles technologies afin de permettre aux diffuseurs de tirer profit des nouveaux modes de communication qui sont notamment l’interactivité et la personnalisation des programmes.

Un branle-bas de combat peut également être observé dans l’industrie des communications qui offrent d’une part les réseaux et plateformes de diffusion et d’autre part les technologies associées à ces modes de diffusion. Selon Philippe Mottaz, le choix des technologies est un facteur important puisqu’il conditionne en grande partie le modèle économique du produit. Contrairement à la télévision traditionnelle, la transmission de signaux à travers l’Internet Protocol (IP) nécessite des moyens techniques (bande passante) qui croissent avec chaque consommateur supplémentaire. Ceci engendre une hausse globale des coûts de transmission et soulève des questions quant au financement des produits et services des Web TV.

Le troisième domaine qui subit d’importantes mutations au sein de l’industrie télévisuelle est celui de la publicité. Les nombreux canaux et plateformes de diffusion de la Web TV sont confrontés à des problèmes de financement. Or la publicité est un des moyens qui permet de générer des revenus. La  stratégie des Web TV consiste donc à se positionner de manière à augmenter la part de publicité. A ce sujet Philippe Mottaz pense qu’à l’avenir le modèle économique de la Web TV sera principalement basé sur un modèle publicitaire, donc dépendant essentiellement des revenus générés par la publicité. Il cite comme exemple le cas de Google qui est certes un moteur de recherche, mais dont une des grandes forces est d’agir en tant que publicitaire avec comme objectif d’optimiser les revenus publicitaires. En contrepartie, les systèmes d’abonnement et autres modèles similaires ont à son avis moins de chance de s’imposer.

Dans une récente interview Philippe Mottaz donne sa perception de ce que sera la WebTV de demain et s’adonne à quelques réflexions par rapport au positionnement de la télévision traditionnelle. Nous vous invitions à lire cette interview qui fait l’objet d’un document à part.

En plus de ces considérations techniques, Philippe Mottaz se penche également sur les aspects sociologiques qui accompagnent l’évolution de la télévision sur Internet. Pour expliquer ces phénomènes, il fait référence à des études réalisées par Marschall McLuhan dans le domaine des médias contemporains. Ses observations sont résumées dans un bref article annexe que nous vous recommandons pour lecture.

Lien utile:
Blog de Oezratty (http://www.oezratty.net/)

Les différentes productions de contenu de la Web TV

La production de contenu télévisuel était jusqu’à maintenant réservée aux professionnels de la télévision. Certains sites tels que YouTube ont commencé à mettre à disposition des plateformes pour permettre aux utilisateurs de déposer des contenus personnels (user generated content). Dans ce cas les utilisateurs agissent comme producteurs de contenu tandis que le site offre les possibilités de diffusion. D’autres Web TV tel que OC-TV intègrent les contenus produits par les utilisateurs à leurs propres productions. Ce mode de création de contenu (co-generated content) est en pleine expansion.


La Web TV par les utilisateurs (user-generated content)

Jusqu’à présent la production et la diffusion de contenus étaient très coûteuses: peu de gens pouvaient réaliser des films. Pour être rentabilisé, ceux-ci devaient toucher un public très large.  C’était l’âge d’or de l’industrie des contenus qui avait un contrôle absolu  et exclusif de toute la chaîne de valeur. Cette période est révolue.

Avec les dernières technologies tout le monde peut produire des vidéos et les diffuser à tous.

Les contenus professionnels n'ont donc plus le monopôle du marché des contenus. Dans certaines situations, à propos de certains sujets, les contenus amateurs répondent parfaitement aux attentes.

Les chaînes traditionnelles doivent-elles alors se positionner sur ce marché?  Devenir un portail de contenus au sens large? Construire une plateforme mélangeant le B2C et le C2C?

Initialement nous trouvions essentiellement de la vidéo numérique personnelle, celle que nous pouvions tous réaliser grâce à un caméscope DV ou même à partir d’un vidéophone. La croissance des équipements en haut débit et du parc caméra/caméra phone ainsi que l’apparition et la démocratisation des blogs et des plateformes d’hébergement gratuit a permis l’émergence de ce nouveau média, la télévision personnelle. Télévision personnelle à double titre, dans ses contenus (je filme, je monte et je diffuse sans intervention de professionnel de l’audiovisuel) et dans sa consommation, puisque la diffusion ne relève plus du mode broadcast (un signal unique vers une multitude de récepteurs au  même moment) mais du mode unicast (un destinataire à la fois à la demande). 

Liens utiles :
MySpace (www.myspace.com)
YouTUbe (www.youtube.com)
Friction (http://www.friction.tv

La Web TV par le partage et la collaboration (co-generated content)

Faire de la télévision de qualité exige des contenus de qualité, interviews, reportages : il est nécessaire d'avoir accès à des lieux, des personnes, des situations qui aujourd'hui ne sont encore  réservés qu'à de grands médias. A ce problème de fond s’ajoute celui de la forme : si le sujet est d'intérêt moyen et en plus tourné au caméscope amateur, avec un éclairage médiocre, une prise de son faible, il y a fort à parier que la patience du spectateur soit mise à rude épreuve.

Il y a donc un déplacement du centre de gravité, de l’individuel vers le collectif et de l’amateur vers le professionnel, c’est ce que l’on nomme : le passage du «user generated content» au «co generated media».

En effet nous constatons l’association de talents audiovisuels individuels autour d’une structure, d’un nouveau média ou d’une ligne éditoriale. Avec la structuration d’équipes autour de projets audiovisuels apparait une professionnalisation partielle des amateurs et donc l’émergence de WebTV semi-professionnelles avec des responsables éditoriaux qui sélectionnent des sujets, des contenus pour proposer au spectateur un ensemble structuré et cohérent.

Les producteurs peuvent désormais décider de diffuser directement leurs programmes sur le net en se passant de l’intermédiaire qu’est la télé faisant ainsi baisser ces coûts où vendre  leur contenu à des chaines de TV classiques, à des fournisseurs Internet ou encore à des opérateurs mobiles.

Certaines chaînes traditionnelles françaises ont commencé à se positionner dans la diffusion de contenu audiovisuel «coproduit» ou «cogéré». Le premier à avoir initié le mouvement fut Canal+, avec l’émission «les films faits à la maison». TF1 propose une offre plus ou moins identique depuis l’année dernière à travers sa filiale WAT. Cette coproduction s’étend depuis aux chaines de la TNT ainsi qu’aux chaînes thématiques du câble, de l’ADSL et du satellite.

Mais au-delà des avantages d’une production à plus faible coût, cela permet aux chaines de s’appuyer sur leur public dans une démarche de co-création, pour un média vraiment participatif, la TV 2.0.

Un bon exemple de ce type de Web TV est OC-TV. OC-TV.net est une plateforme Web TV régionale qui propose la réalisation de vidéos et la diffusion des contenus pluriculturels (musique, arts plastiques, théâtre, etc.). Le programme de OC-TV  se compose de différentes chaines culturelles, telles que, par exemple ZooM TV (chaîne musicale avec des interviews et concerts), Ecrans TV (chaîne cinéma avec des interviews, bande annonce, extraits de film, TV ArtCircuits (chaîne arts plastiques), TV En Scène (théâtre, danse, slam), LaJTdunet (magazine de l’actualité toulousaine), ZzaZzooTiVi (chaîne de la vidéo de création en collaboration avec VidéoFormes) et TV JazzPluriel (chaîne du Jazz).

Créée en 1999, elle a emmagasiné plus de 1.000 heures de programmes en ligne, disponibles en service vidéo à la demande. Chaque jour, au moins un nouveau reportage est mis en ligne. Si sa première zone de couverture géographique reste la région de Toulouse, son ambition est de faire entendre sa voix au niveau national, voire européen, en développant différentes unités en France et en Espagne, dans un premier temps, et en proposant bientôt une version anglaise.

OC-TV.net recense entre 1.000 à 2.500 visiteurs uniques par jour et exploite une newsletter hebdomadaire comprenant plus de  5.000 inscrits. Elle a plusieurs sources de revenus. Tout d’abord elle est partenaire de festivals et commercialise des espaces de publicité en ligne, puis, à travers sa division OC-TV Interactive, la société propose, entre autres, des prestations de vidéo streaming, des créations de sites pour le compte de tiers, publics ou privés. 

Liens utiles:
OC-TV (http://www.oc-tv.net)
CNN (http://www.cnn.com/exchange/ireports/topics)
Current TV (http://www.current.tv/)

Quelques types de Web TV

Les Web TV peuvent être distinguées notamment par leur contenu (thématique), leur rattachement à un secteur d’activité particulier ou leur offre. Pour ces raisons, nous avons cherché à établir des critères de distinction entre différents types de Web TV. Bernard Rappaz nous révèle dans une interview les synergies existant entre la Web TV et la télévision traditionnelle.


La Web TV des télévisions traditionnelles

Avec la création il y a maintenant environ huit ans de tsr.ch la Web TV a fait son entrée à la TSR. L’association des technologies d’Internet avec les techniques utilisées par la télévision traditionnelle n’a pas toujours été facile. Les difficultés apparues aux débuts de cette collaboration étaient notamment dues au mode de fonctionnement très flexible de tsr.ch par rapport à une structure plus figée de la TSR. Une des nouveautés de tsr.ch étaient certainement gestion du temps dans la création et la diffusion de contenus. La TSR s’était toujours organisée autour d’une grille horaire prédéfinie dont le téléjournal du soir constituait le pivot de l’activité quotidienne. Avec tsr.ch non seulement du contenu est diffusé en continu, mais le consommateur peut de surcroît accéder à du contenu sans devoir se référer à un programme de télévision, donc sans être lié à une grille horaire spécifique.

Aujourd’hui l’intégration du Web au sein de la TSR est achevée au point que Bernard Rappaz, rédacteur en chef de TSR multimédia, ne voit plus de différences entre la télévision sur Internet et la télévision traditionnelle. L’une est complémentaire par rapport à l’autre pour offrir au consommateur une offre multi-canal la plus adaptée à ses attentes et à ses besoins.

La grande force de l’association de ces deux médias consiste dans l’enrichissement de l’offre et des contenus. Des émissions ou des news sont enrichis à travers des contenus complémentaires qui peuvent prendre notamment la forme d’archives, de commentaires ou de sondages. L’intervention des téléspectateurs à l’aide des outils du Web offre de surcroît la possibilité d’ouvrir du contenu à des débats d’opinion. Bernard Rappaz voit dans cette interactivité à travers le web même la possibilité de créer du contenu avec la participation de personnes externes à la structure de la TSR.

Malgré cette fusion entre la télévision traditionnelle et la télévision sur Internet, la forme que prendra la télévision de demain n’est de loin pas encore clairement définie. Les nouvelles technologies continuent à se développer et amènent régulièrement leur lot de nouveautés et d’innovations. Face à cette évolution, il n’est pas possible pour Bernard Rappaz de tout mettre en pratique sans avoir expérimenté l’un ou l’autre des nouveaux outils et d’avoir testé auprès des téléspectateurs ces nouvelles formes de télévision. Pour faire face à ces développements tant technologiques que comportementaux, la TSR a mis en place une plateforme expérimentale qu’elle appelle Nouvo. D’un design jaune-noir qui tranche avec les habituelles couleurs et formes de la TSR, Nouvo représente le laboratoire de la TSR dans lequel se façonne et se modélise la télévision de demain. Pour Bernard Rappaz cette plateforme est l’endroit idéal pour se faire des réflexions sur comment produire, consommer et diffuser la télévision du futur. Les observations faites dans le cadre de ce «laboratoire du télévisuel» ont notamment permis de développer de nouveaux concepts d’émissions tels que Infrarouge.

 
La Web TV de la VOD (location ou achat de vidéo)

La Video on demand (VOD) est une nouvelle forme d’accès à la télévision par Internet. Elle permet de visualiser légalement films et télévision sur son écran d’ordinateur. C’est un système mis à disposition par de nombreux acteurs tels que:

  • les sites Internet,
  • les fournisseurs d'accès
  • les câblo-opérateurs,
  • les chaînes de télévision
  • les bouquets satellite, les opérateurs de télécoms
  • des distributeurs de biens culturels
  • les détenteurs de droits cinéma ou audiovisuels
  • les moteurs de recherche
  • les portails Internet...

La VOD à l'utilisateur de choisir, commander et regarder un contenu vidéo numérisé au moment où il le souhaite, avec les mêmes fonctionnalités qu'un lecteur vidéo classique. Cela s’'apparente à un système de location. Contrairement au pay per view, une autre forme de vidéo à la commande payable à l'acte, la VOD permet à l'utilisateur de déterminer lui-même le début du visionnage.

Le prix des programmes proposés en VOD tourne autour de 2,5/3 euros pour un programme de catalogue et 5 euros pour une nouveauté. La différence se fait sur les options comme la durée de location, le nombre de copies permises ou la possibilité de transférer les contenus sur des terminaux portables.

Pour avoir accès à de la VOD il faut un ordinateur qui se connecte à un serveur pour télécharger le contenu choisi. Cet ordinateur doit être performant pour permettre une bonne restitution vidéo et audio. Il faut, bien entendu, une connexion internet haut débit. Un autre moyen d'y accéder, est de souscrire à certaines offres commerciales de Fournisseurs d'Accès à Internet, comme Ma Ligne TV ou Free qui proposent, dans le cadre de la Tv sur ADSL, des produits vidéo à la demande accessible via la «box» fournie avec le service.

Liens utiles :
Artevod (http://www.artevod.com/home.do;jsessionid=D80168D322C6F63104545205632B5F90)
Vodeo (http://www.vodeo.tv/)
Video Google (http://video.google.fr)
Orange (http://www.orange.fr/bin/frame.cgi?u=http%3A//2424video.orange.fr/app?dub=1)
Free (http://adsl.free.fr/tv/vod)
Telesatellite (http://www.telesatellite.com/video)


La Web TV des entreprises

Précurseurs de la Web TV puis abandonné au début des années 2000 l’utilisation de vidéo ou de Web TV à des fins de marketing relationnel connaît un renouveau depuis quelques temps. Et cela en raison de l’augmentation de consommation de contenus vidéo en ligne et de la baisse des coûts de production.

La WebTV professionnelle permet d’établir une proximité avec les clients mais également d’affirmer l’expertise d’une marque sur son domaine d’activité. Il s’agit souvent d’utiliser la vidéo pour mettre en forme de manière dynamique des informations présentées auparavant sous forme de textes et d’images sur les sites ou sur les newsletters. Par exemple une boutique en ligne "High Tech" peut par exemple proposer des émissions traitant de l’actualité des produits "High Tech" ou des émissions de conseils de choix ou d’utilisation de ces produits,  ou encore par exemple, dans l’univers bancaire, les séquences vidéos peuvent jouer un rôle pédagogique envers les clients et prospects. Dans ces cas l’utilisation de la WebTV correspond à une démarche merchandising de mise en valeur des produits ayant un impact direct sur les ventes.

Cette pratique est très proche de celle constituant à sponsoriser des programmes courts réalisés sur commande en TV. La production de contenus vidéo en ligne est cependant beaucoup plus accessible en termes d’investissements et peut concerner des domaines qui n’auraient  pas leur place sur des chaînes hertziennes. Mais contrairement aux programmes courts TV, les Web TV n’ont aucune garantie d’audience et sa rentabilité difficile à mesurer.

Nous avons réalisé quelques fiches explicatives sur les Web TV des entreprises Valtech, VNU et TiViPRO. Il est également intéressant de mentionner l’entreprise Bloomberg, entreprise spécialisée dans le conseil financier qui offre des nouvelles financières par l’intermédiaire de Bloomberg TV, une sorte de cyber télévision de la bourse en ligne.

La Web TV peut également être utilisée à des fins institutionnelles, orientés vers la vie de la société plutôt que vers les produits. Il s’agit finalement la aussi de marketing relationnel, mais pour une cible qui n’est plus les clients mais plutôt les actionnaires, partenaires ou intermédiaires financiers.

Liens utiles :
Valtech (www.valtech-tv.com)
VNU (http://www.vnunet.com)
Bloomberg TV (http://www.bloomberg.com/tvradio/tv/tv_index_europe.html)


La Web TV de l’enseignement

La Web TV se prête également bien pour la formation et l’enseignement. Il n’existe pour l’instant encore peu de Web TV qui explorent cette niche, mais ceci pourrait changer dans l’avenir. Une Web TV à couvrir cette thématique est Canal-U.

Canal-U est la Web télévision de l'enseignement au niveau supérieur ou les étudiants, les enseignants, et le grand public ont accès, à travers un bouquet de chaînes, à des programmes audiovisuels enrichis de documents pédagogiques. Près de 2000 ressources audiovisuelles sont accessibles gratuitement en streaming sur le site Canal-U. Ces ressources ainsi que les documents pédagogiques qui les accompagnent peuvent être utilisés librement

Canal-U rassemble aujourd'hui 11 chaînes. Elles émanent de d'universités ou de regroupements d'universités, d'établissements d'enseignements et de laboratoires de recherche. Voici quelques exemples parmi les 11 chaînes de Canal-U:

  • Bio TV: la chaîne de la recherche en Biomédecine
  • Canal-Socio: la chaîne thématique dédiée à l'enseignement de la sociologie
  • Canal-U Médecine: la chaîne de la médecine et des applications des nouvelles technologies dans le domaine de la santé
  • Profession Formateur: sur la pédagogie et l'utilisation des NTIC dans la formation
  • V.O.: la chaîne dédiée aux langues et à la connaissance des civilisations et des

Lien utile:
Canal-U (http://www.canal-u.com/canalu/).

La Web TV et ses modes de diffusion

La Web TV entraine d’importants changements dans les modes de diffusion. La diffusion de chaînes de télévision par le broadcast classique (antenne, câble, satellite) est concurrencée par les modes de diffusion sur le Web à travers le Protocol Internet (IP) soit en utilisant le réseau publique Internet (Web TV sur ordinateur), soit en utilisant un réseau privé de type ADSL (télévision par ADSL).


L’évolution des réseaux

Avec la télévision traditionnelle  le téléspectateur est dépendant de la programmation des chaînes. Il subit donc une contrainte temporelle puisqu’il doit s’organiser en fonction de l’heure de diffusion de l’offre. Les enregistrements sur magnétoscope ont été une première étape pour conférer aux consommateurs de la flexibilité dans le visionnement des contenus. Les enregistreurs permettent en effet de conserver (en stock) une émission (un flux). Mais les réseaux étaient il y a quelques années encore spécifiques à chaque mode de communication que ce soit la télévision, l’Internet ou la téléphonie (voir fig. 1 ci-après).

 

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Fig. 1 : La structure des réseaux classiques 

Avec la montée en force d’Internet la différenciation entre les modes de communication perd en importance. Internet permet avant tout la transmission et la gestion de signaux que ce soit du texte, de l’audio ou de la vidéo. Cette évolution entraine une convergence des modes de communication autour du réseau Internet. Les réseaux se recoupent pour créer un important réseau de communication permettant de diffuser un contenu de n’importe quel émetteur à destination de n’importe quel récepteur. L’interactivité donne la possibilité de surcroit d’agir dans le sens inverse pour faire de l’émetteur un récepteur. Autrement dit tous les contenus peuvent être envoyés par n’importe quel émetteur à n’importe quel récepteur et vis-versa.

Ce principe est illustré dans le graphique ci-après (fig. 2) qui ne distingue plus que le contenu, le réseau et les dispositifs de réception.

 

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Fig. 2 : Les réseaux d’Internet

 

En plus de réunir les réseaux de communication, Internet donne la possibilité de l’interactivité et donc de l’échange instantané. Cette interactivité donne au consommateur la possibilité à travers la Web TV de demander du contenu selon ses besoins et au moment désiré. Cette flexibilité qui s’offre au consommateur est appelé Video on Demande (VOD).


Les principes de réseau de diffusion


Les plateformes de diffusion web

Le Peer to Peer (lien sur fiche technique) est une architecture qui permet à chaque internaute de partager des fichiers musicaux, des films ou autres données avec les autres utilisateurs de ce réseau. L’ordinateur de chaque utilisateur peut agir soit comme fournisseur de données (serveur), soit comme consommateur (client).

A cela s’opposent les plateformes de vidéo traditionnelle qui opèrent comme un hébergeur de contenu avec la possibilité de visionner de la vidéo à la demande (video on demand - VOD). Dans ce cas, la lecture du contenu se fait sur la base du streaming, à savoir par l’envoi des données légèrement en différé. L’autre possibilité, mais moins courante dans la Web TV, consiste à diffuser par téléchargement ce qui implique que le récepteur doit récupérer l'ensemble des données d'un morceau ou d'un extrait vidéo avant de pouvoir l'écouter ou le regarder.

A noter que les plateformes de «live streaming» sont une particularité puisque elles fonctionnent sur un modèle qui ne diffuse du contenu qu’en direct. Avec ce type de modèle il est donc possible de visionner les programmes qu’une seule fois et seulement lors de la diffusion par les fournisseurs de contenu.
 

L’Internet Protocol (IP)

Jusqu’à aujourd’hui, nous avions pris l’habitude de recevoir la télévision soit par une antenne hertzienne traditionnelle, soit par un service satellite (parabole et décodeur), soit par le câble. Dorénavant, un nouveau mode de livraison de la télévision vient fondamentalement bouleverser ceux-ci. Il s’agit de l’IP TV (Internet Protocol Télévision). Elle change drastiquement l’industrie des télécommunications. Elle offre plus d’interactivité et provoque une nouvelle source de compétition pour les fournisseurs de contenu audiovisuel.

Nous constatons (voir fig. 2 ci-dessus) que l’ADSL (un des supports de l’IPTV) figure comme un des éléments majeurs de réception de la production audiovisuelle. L’IP TV est donc un système capable de recevoir et de diffuser un flux vidéo encodé en une série de paquets au protocole Internet (IP packets). C’est le cas actuellement de la plupart des vidéos clips qui sont joué sur votre ordinateur. Mais aujourd’hui quand les gens parlent d’IPTV, ils pensent à regarder les chaînes de télévision traditionnelle sur leur téléviseur habituel.
Pour la plupart des utilisateurs, l’IP TV est souvent fournie en corrélation avec la vidéo à la demande (Video on Demand), avec des services d’accès à Internet ainsi que la téléphonie via Internet (VoIP). Nous appelons cela le triple jeu (Triple Play).

La plupart du temps ces services sont fournis par des opérateurs de services à large bande qui utilisent une infrastructure réseau fermée. Cette approche est en compétition avec les fournisseurs de contenu télévisuel sur l’Internet public communément appelé Internet Télévision (TV over Internet).

Pour visualiser l’IP TV sur sa propre télévision, nous devons habituellement passer par des set-top-box (lien sur fiche technique). Les set-top-box IPTV récupèrent leurs contenus vidéo sur Internet la plus part du temps via une liaison ADSL. Elles sont soit spécialisées dans cette fonction, soit intégrées dans les set-top-box des fournisseurs de contenu. Le futur sera un mélange de tous ces modèles, certainement à partir d’une même offre ! On regardera l’IP TV sur le poste de télévision, sur son ordinateur personnel, ou sur ses différents baladeurs multimédias (iPod, Archos, etc.)

La qualité est correcte en définition standard (SD) si on à une connexion d’un minimum de 5 mbits/s. Pour ce qui en est de la haute définition (HD), il faut un minimum de 10 mbits/s. Ce type de d’accès large bande ADSL est encore très peu disponible, serais-ce un retour au déploiement de fibres optiques?


Les dispositifs de visualisation

La télévision regroupait sous le même terme à la fois les émissions et le poste qui les recevait. Le contenu était associé au contenant. Aujourd’hui la consommation de vidéo est beaucoup plus flexible, les contenus voyagent. De très nombreux et très différents "habitacles", fixes et mobiles, sont capables de recevoir/stocker des contenus vidéos. Ces derniers nous accompagnent où que l'on soit.

Si techniquement il est possible de tout regarder à n’importe quel moment, il n’est pas encore certain que le contenu soit adapté à un visionnement sur n’importe quel contenant. C’est désormais la situation qui va structurer nos usages. Les capacités de nos terminaux ont bien sûr un rôle (taille de l'écran, stockage, batterie, connectivité, etc.) mais sont moins contraignant que la nature de l'occasion d'usage. Souhaite-t-on regarder un sujet de fond qui nous passionne ? Partager un moment collectif ? Se laisser distraire ? S’informer sur un sujet précis rapidement? En répondant à ces questions, les acteurs colleront au plus près des attentes des consommateurs : ils exploiteront la bonne nature (existante ou à inventer) et le bon format (existant ou à inventer) des vidéos selon le dispositif de visualisation du consommateur.

Voici ci-après des dispositifs de visualisation pour la Web TV qui sont complémentaires par rapport à l’écran de télévision ou d’ordinateur:

 

Télévision mobile
La Télévision Mobile Personnelle est la diffusion de la Web TV sur le téléphone portable. Ce dispositif représente un grand potentiel par rapport à la diffusion d’audiovisuel sur écran de PC ou de télévision. Nous pensons que la diffusion de Web TV sur des téléphones mobiles devrait prochainement se généraliser.

A l’heure actuelle la télévision mobile existe sur les téléphones mobiles via la 3G (c'est-à-dire la 3ème génération de réseau de téléphonie mobile). Toutefois, ce mode de diffusion est « unicast », c'est-à-dire que chaque téléspectateur nécessite un canal de transmission. Il faut donc tenir compte des antennes-relais qui permettent souvent de servir qu’un certain nombre limité de flux vidéo et donc un nombre limité de téléspectateurs.

De plus ce procédé est relativement cher et ses coûts ne font qu’augmenter avec la croissance du nombre de consommateurs. L'avenir de la télévision mobile passe probablement par une diffusion de type « broadcast » avec une antenne qui couvre une zone spécifique dans laquelle il peut y avoir un nombre illimité de téléspectateurs. Cette technique de diffusion est d’ailleurs utilisée par les télévisions classiques.

Lien utile:
YouVox (http://www.tech.youvox.fr/+Percee-de-la-video-gratuite-sur,0310)

Personal Digital Assistent (PDA)
La plupart des appareils assistants personnels (PDA) fonctionne aujourd’hui avec Windows mobile. Ce système d’exploitation pour mobile de Microsoft offre également un média Player (lecteur multimédia) dédié qui permet à l’utilisateur de visualiser du contenu vidéo directement sur son appareil mobile de type IPAQ (de la société HP) ou autre.

Lien utile:
HP (http://h10010.www1.hp.com/wwpc/ch/fr/sm/WF02a/22237-22243-22243.html)

Archos
Un autre produit très intéressant est le baladeur Archos. Doté d’un large écran, il permet également de visualiser du contenu vidéo au format Divx notamment. La force de cet outil réside certainement dans la fonctionnalité d’enregistrement direct depuis la télévision (« TV centrique ») ou toute autre source télévisuelle. Pour cela, il suffit de connecter sont Archos sur la télévision par exemple. Celui-ci enregistrera le contenu en l’encodant au format Divx. Il s’agit donc d’un appareil extrêmement intéressant pour les personnes désirant enregistrer du contenu directement depuis leurs sources existantes.

Lien utile:
Arcos  (http://www.archos.com/products/video/index.html?country=global&lang=en)

Ipod
Le leader mondial des baladeurs numérique Apple offre un support vidéo sur ses célèbres iPods. L’utilisateur peut télécharger des films récents sur le site iTunes Music Store Américain et les visualiser directement sur son baladeur numérique. De nombreux outils logiciels sont également à disposition afin d’encoder (format H.264) du contenu vidéo afin de le rendre disponible sur son lecteur favori. De nombreux autres constructeurs proposent des systèmes semblables.

Lien utile:
Appel – Ipod (http://www.apple.com/chfr/ipod/features.html)

La Web TV et ses business models

En partant de l’exemple de YouTube

La Web TV cherche son business model. Plusieurs pistes se côtoient, sans que l’on sache encore lequel va prédominer.

Le premier business model, les sites gratuits, dont les revenus proviennent uniquement de la rémunération publicitaire, semble à bout de souffle.

YouTube, avec plus de 40 % du marché de la vidéo partagée, aux Etats-Unis, 13 millions de visiteurs par mois pour 100 millions de vidéos vues par jour semblait  être un vrai succès, mais ses pertes commencent à être inquiétantes : les coûts des bandes passantes explosent, elle représente, pour YouTube plus de 1 millions de dollars par mois ! De plus la faible qualité de la majorité des contenus présents sur ces sites ne rassure pas les annonceurs potentiels.

Pour y remédier les dirigeants de YouTube annoncent la mise en place de  programmes publicitaires. Mais les utilisateurs de YouTube, habitués à la gratuité, pourrait mal accepter ce changement. En effet selon une étude menée par l’institut Harris Interactive auprès d’un échantillon de 2309 Américains majeurs en décembre 2006 les ¾ des utilisateurs de YouTube fréquenteraient moins le site si celui-ci leur imposait de regarder un spot de pub avant chaque vidéo.

Paradoxalement la monté en qualité des contenus fragilise également ce modèle économique. L’émergence des contenus plus professionnels, plus spécialisés, structurés autour d’une ligne éditoriale et d’un ton réduit le nombre de visiteurs potentiels. Il faut chercher alors un nouveau positionnement.

Le sponsoring et les publicitaires à l’aide de la Web TV

La deuxième variante de modèle économique de la WebTV est le partage des revenus ou le sponsoring par des annonceurs. Mais pour cela il faut que ces programmes génèrent une audience conséquente et qualifiée, quitte à passer auparavant, pour se faire connaître, par des modes de distributions gratuits.

C’est le modèle que proposent les nouveaux concurrents de YouTube. Par exemple, le dernier arrivé, efoof.com  (http://eefoof.com) a décidé, plutôt que de se lancer dans la course à l’audience avant de gagner de l’argent, de proposer un modèle publicitaire et un partage des revenus aux abonnés qui mettent en ligne leur production. Le reversement sera mensuel et dépendra de la popularité de leurs vidéos.

Pour le fondateur de Vpod.TV (www.vpod.tv), autre nouveau concurrent de YouTube, estime en parlant des sites type YouTube :

«Ces sites  sont des sites de destination, où chacun vient poster ses vidéos avec au final une audience de masse, mais une audience très peu qualifiée. Avec notre service, c'est tout le contraire. Les internautes vont utiliser notre plate-forme pour créer, monter et diffuser leurs programmes sur leur site ou sur l'écran de leur choix et, au final, l'audience sera très qualifiée.» (http://www.01net.com/article/333099.html)

Donc susceptible d'intéresser des annonceurs.

Quelques exemples de sites rémunérant les auteurs, fonction de l'audience de leurs œuvres:
Flixya (http://www.flixya.com/about-flixya),
Metacafe  (http://www.metacafe.com/producer_rewards_videos)
Revver (http://one.revver.com/go/about)

La collaboration avec les anciens de l’audiovisuel

Une troisième voie serait la collaboration avec des médias plus traditionnels. En effet certaines plateformes vidéo, sachant leur survie aléatoire, ont déjà entrepris de collaborer avec des médias plus «traditionnels», comme iFilm avec MTV/Viacom, Mysace et Fox, YouTube et NBC ou avec des prestataires techniques tels que DivxStage6 (http://stage6.divx.com) dans le but de promouvoir le format Divx. Elles offrent ainsi aux studios et aux producteurs indépendants une plateforme leurs permettant de multi-diffuser leurs séries et films et deviennent ainsi à terme des plateformes de distribution de contenus professionnels financés par le pub.

Pourquoi ne pas faire payer ?

Les offres mêlant du contenu gratuit et payant est également une voie à explorer.  En effet grâce à une offre très large essentiellement gratuite, on attire un public considérable. Au sein de cette offre, une section est payante et permet de "transformer" une partie du public en consommateurs. La somme des ventes réalisée par des produits peu demandés mais très nombreux est supérieure à la somme des ventes des produits phares, peu nombreux mais très demandés.

«Il est plus facile de lancer son filet au milieu d'un ban de poissons que d'espérer pécher à la ligne le seul poisson de la mer.»

Lien utile:
INA (www.INA.fr)

Le B2B en ligne de mire

L’émergence et le développement de contenus professionnels, ou «co-generated »  peut également permettre de faire évoluer la Web TV d’une offre B2C à une offre B2B. Certains réseaux, comme les opérateurs de téléphonie mobile ou les Fournisseurs d’accès Internet et mêmes les chaines de TV sont, comme nous l’avons vu, demandeurs de contenus pour valoriser leurs réseaux. Est-ce là l’avenir de la WebTV ?

En conclusion: le consommateur a le dernier mot

Pour l'élaboration d'un modèle économique grand public, attention de ne pas négliger la prise en considération du comportement de l'internaute.

L'internaute-spectateur est un «ultra-zappeur». Il faut donc des contenus courts, ou longs mais indexés avec une table des matières, lui offrir une recherche par mots-clés et une navigation arborescente. Il souhaite également des solutions lui permettant d’accéder à la fois à la télévision « broadcastée » classique, à la vidéo à la demande et à l’infinité des vidéos partagés sur Internet. Il veut des solutions lui permettant de regarder une émission à plusieurs à distance, commenter en direct. Il attend donc plus que de la vidéo mais aussi des contenus «Rich Media», de la vidéo synchronisée avec de l'image, des formulaires, du texte, c'est-à-dire à dire des solutions qui appliquent à la Web TV certains des principes du Web 2.0. Et l’internaute-spectateur veut accéder à cela où qu’il soit, en fixe ou en mobile.

Là sont les grands défis de la WebTV ou TV 2.0.

L’évolution de la TV classique face à l’émergence des Web TV

Dans une interview, Alberto Chollet, responsable des Affaires Générales pour la SRG SSR idée suisse, livre ses réflexions sur les télévisions traditionnelles par rapport au développement des nouvelles technologies.


WEB TV, une menace pour la TV dite «classique»?

Avec chaque progrès technologique notre quotidien, nos habitudes et nos connaissances changent. Avec l’apparition de la WEB TV et des possibilités qu’elle nous offre (programmation à la carte, interactivité, contribution audiovisuelle) on se demande si l’existence d’une grille de programme (ou programme télévision) fait encore sens.

Actuellement, la TV traditionnelle cherche à évoluer avec les nouvelles technologies. Un exemple des plus parlants est la TV haute définition (TVHD)

(http://www.broadcast.ch/homepage/html/broadcast_franz_fernseh.htm). La télévision traditionnelle s’adapte en nous offrant une meilleure qualité de l’image et du son. Mais les véritables atouts résident dans le savoir faire. La télévision traditionnelle est capable d’offrir un contenu de qualité, fiable et pertinent. Ce qui n’est pas encore le cas pour Internet, de part sa facilité d’accès.

Le consommateur : ses habitudes, ses besoins, ses attentes

Les habitudes du spectateur n’ont pas encore trop changées. Le téléspectateur se contente de suivre fidèlement la programmation d’une chaîne de télévision. Malgré la flexibilité qu’offre la Web TV, il opte majoritairement encore pour un comportement passif. Il prend ce qu’on lui sert.

De ce fait, à moyen terme, les TV traditionnelles ne considère pas l’apparition de la Web TV comme une menace mais plutôt comme un complément d’offre et une évolution normale vers l’univers toujours plus complexes des multimédias. Toutefois, les télévisions suivent de près ces nouveaux formats, comme le montre l’interview réalisée avec Alberto Chollet, responsable des Affaires Générales TV pour la SRG SSR idée suisse à Bern.  Il est important pour la télévision traditionnelle de suivre l’évolution en cours. Mais elle doit le faire en restant proche des besoins et des attentes de son public tant sur le plan de la production que sur le plan technologique.

Sources et liens utiles:
Tech YouVox (http://www.tech.youvox.fr/)
01net (http://www.01net.com/)
Journal du Net (http://www.journaldunet.com/)
Edgeminded Over Blog (http://edgeminded.over-blog.com)
Olivier Ezratty Blog (http://www.oezratty.net/)
ZdNet (www.zdnet.fr)
Silicon (www.silicon.fr)
HP (www.hp.com)
Wikipedia (www.wikipédia.com)
Abc-netmarketing (http://www.abc-netmarketing.com)


dossier préparé par:


Vanessa Arnaud, André Brice, Céline Briod, Yann Ehmann, Alexandre Heinrichs, Marguerin Raillard