Presse et web, ami ou ennemi? | Fevrier 2006


Interview avec Philippe Gendret

Interview avec Philippe Gendret, Directeur Commercial Edipresse

Né en 1964, il est double national franco-suisse. Après des études françaises en agronomie, droit rural et économie, complétées par une formation CPA-Lagardère au Centre de Perfectionnement des Affaires CIP-INSEAD Paris, Philippe Gendret est directeur d'Andréfleurs à Assens (Vaud), puis dès 1996 - directeur de Naville Service, qu'il quitte pour rejoindre Edipresse en mars 2003.

Etat de la presse aujourd'hui

Peut-on dire que la presse d’aujourd’hui va mal?

Non, je pense que la presse va bien et même très bien, cependant il faut définir ce que l’on entend par Presse. La presse payante, la presse traditionnelle en kiosque va mal. Depuis 10 ans, un nouveau modèle économique a été créé: la presse gratuite. Actuellement elle arrive à maturité et génère à la fois de nouveaux lecteurs et de nouvelles ressources publicitaires.

Parle-t-on aujourd’hui d’évolution ou de révolution de la presse?

Les deux. Evolution de la presse quant à son contenu et révolution quant à son mode de vente et à l’offre commerciale créée.

Le contenu évolue: les gens ne sont plus d’accord de payer un contenu générique, le lecteur cherche une plus-value: il est d’accord de payer lorsqu’on lui propose un commentaire, une synthèse et un effort de réflexion.

La révolution c’est d’apporter des produits gratuits sur le marché et de coupler ses produits avec d’autres supports médiatiques. Nous sommes à une époque de convergence de l’écrit du numérique et du multimédia.

Par exemple: aujourd’hui vous m’interviewez, vous êtes en train de prendre des notes, vous auriez très bien pu avoir également une caméra numérique, simple d’utilisation et accessible d’un point de vue du prix. Cela n’était pas le cas il y a quinze ans ou vingt ans: ce matériel coûtait très cher à l’achat et l’utilisation était complexe.

Aujourd’hui un journaliste formé à l’écrit, travaille avec une caméra numérique et injecte l’entretien sur le net ou une base de données générale. Ce journaliste avec ces outils de dispatching d’information va pouvoir servir pour un même thème 5 à 6 supports différents (SMS – blog – PDA – sites web – podcasting).

Qu’est-ce que la presse écrite propose que la presse Internet ne propose pas ?

Une ergonomie différente. Les gens vont lire un journal beaucoup plus facilement que via un écran. La majorité des plus de 20 ans ont été éduqués avec l’écrit sur papier et sont incapables de lire plus de 2 pages sur un écran et dès lors impriment le contenu.

Les quantités de consommation de papier sont toujours croissantes: on photocopie, on imprime via les imprimantes personnelles.

D’un autre côté, les consommateurs ont besoin d’une sélection d’informations plus pointue que ce que ne propose le journal. Par exemple: je cherche une golf GTI blanche, ma recherche sur le net va me prendre 30 secondes pour cerner la voiture qui va m’intéresser. Sur un journal où il y a 12’000 annonces, je vais passer un temps important sans être sûr de trouver ce qu’il me faut. Même chose concernant une recherche de nature politique: si je ne m’intéresse qu’à Pascal Couchepin j’aurai énormément d’infos via le net. Dans le sommaire d’un magazine je peux trouver en fonction des rubriques annoncées et uniquement pour certains mots-clé.

Patrick Eveno, maître de conférences en histoire contemporaine à la Sorbonne Paris I affirme: « c’est la question économique qui est motrice dans la désaffection des lecteurs, le journal quotidien étant trop cher». Etes-vous d’accord avec cette affirmation?

C’est une des raisons mais pas essentiellement la seule. Quand vous lisez un journal, vous tombez sur une publicité qui vous renvoie sur un site Internet pour de plus amples informations. Sur le net, je clique et suis directement au centre de ce que je souhaite savoir. Le net est plus interactif. En marketing, on apprend que le prix n’est qu’un aspect.

Sur le net on propose du "cross media", des images, du son et des possibilités de faire des zooms, une lecture à plusieurs vitesses et là les gens sont d’accord de payer en fonction du niveau de qualité proposé.

Il y a 20 ans en France, La Lettre de l’Expansion proposait un abonnement annuel de plus de 15'000 francs français. Elle paraissait une fois par semaine le lundi matin sous un format A4 de 8 pages. La Lettre de l’Expansion synthétisait l’activité économique de la semaine passée et de la semaine à venir avec les incidences sur la bourse liées aux conférences ministérielles. Ce journal paraissait à 2’000 exemplaires et s’adressait aux décideurs.

Le quotidien gratuit Matin Bleu est-il l’exemple du devenir de la presse écrite?

C’est probablement un support de presse de transition. A l’avenir on aura un ordinateur à la maison, un "media center": un seul serveur avec plusieurs fonctions domestiques, culturelles, etc. Cet ordinateur sera connecté en permanence, on se lèvera le matin, on pressera sur une seule touche de notre ordinateur et on imprimera notre journal ("print on demand"), le journal qui nous plaît. Jusqu’à présent, on nous canalise à travers un certain cheminement, à une certaine progression de l’information. On nous propose de l’information internationale, nationale puis locale, du sport et de la bourse avec à la fin un passage "people" pour que notre attention persiste jusqu’au bout du journal.

Dans 5 à 10 ans, ce processus pourrait être dépassé. Le savoir a explosé ces dernières années rendant difficile une synthèse universelle. On va devoir proposer des journaux sur mesure impossible à imprimer en masse avec plus de 25 propositions différentes pour une seule région donnée. Avant, c’était la géographie qui primait: pour la région de Lausanne les lausannois lisaient le même journal. Avec l’explosion du savoir et du mode de vie, on a des intérêts complètement divergents de ceux du voisin. On parle en marketing de "cluster", segmentation de populations sur des critères autres que géographiques et sociologiques. Certains consommateurs possèdent un profil écologique, sportif et aiment la bourse. Une production industrielle peut difficilement suivre la "fragmentation d’un produit de masse". L’avenir sera, via Internet, de permettre aux lecteurs de sélectionner leurs thèmes. L’éditeur puisera dans sa base de données les différents thèmes se rapportant à la demande du lecteur qui pourra imprimer le journal dont il a envie (certainement entre 8 à 12 pages) avec les secteurs qui l’intéressent uniquement.

La presse écrite est-elle contrainte de disparaître?

Non, elle sera transportée et imprimée différemment. N’oublions pas le côté sexy du papier, pouvoir lire aux bords d’une piscine, feuilleter dans une salle d’attente…

Comment rester bénéficiaire avec la presse écrite aujourd’hui?

Pour rester bénéficiaire, le "business model" c’est d’abord de la publicité puis la prescription d’informations ciblées c'est-à-dire vendre de l’information en orientant les clients vers les journaux payants plus spécialisés. On va réussir à séduire une nouvelle catégorie de clients comme les jeunes qui s’étaient totalement désintéressés du support écrit. En Suisse Allemande, les jeunes (âgés d’environ 10 ans) lisent le journal gratuit et en parlent à l’école. Beaucoup de ces jeunes achèteront un journal à l’âge de 15-20 ans, davantage que par le passé. C’est la stratégie Mac Do: au départ vendre des sandwichs avec des gadgets plus chers que le sandwich et petit à petit, l’image du "restaurant accessible" s’installe et devient référence de consommation et de service. La personne sensibilisée très jeune a de fortes chances de continuer à consommer à l’identique une fois adulte. Notre lectorat "cible" des gratuits sont les 14-35 ans.

La consommation de la presse écrite en Suisse diffère-t-elle de la consommation de la presse écrite en Asie et dans le reste du monde?

Les Suisses sont parmi les plus grands consommateurs de presse dans le monde surtout de journaux communautaires et s’abonnent facilement.

Je ne connais pas le marché asiatique.

Le système postal est extrêmement important car plus il est fiable plus les gens s’abonnent : 80 à 90 % des quotidiens suisses sont vendus sous forme d’abonnement en Suisse alors que c’est l’inverse pour la France et les USA. L’abonnement est un facteur de stabilisation du lectorat puisqu’en fonction de son emploi du temps une personne lira ou pas son journal. Si elle est abonnée, quoiqu’il se passe le journal arrive et la personne est plus tentée de le lire.

Comment se porte la consommation de magazine aujourd’hui?

La consommation de magazine est en hausse. Il y a énormément d’entrepreneurs privés ou professionnels dans ce domaine. Internet a peu d’influence sur ce segment. Ces entrepreneurs cherchent à valoriser leur savoir. Il s’agit surtout d’essais qui vont paraître quelques mois et disparaître s’ils n’arrivent pas à se financer par les lecteurs ou la publicité.

Le magazine éducatif pour les enfants La Salamandre tiré à plus de 25’000 exemplaires ne fait aucune publicité et a réussi à s’implanter grâce au bouche à oreille.

Les magazines de vente par correspondance de type La Redoute se sont étendus et développés sur Internet, cependant les vépécistes continuent d’imprimer des catalogues.

La presse traditionnelle n’a-t-elle pas négligé ses lecteurs en ne leur accordant jamais la parole?

C’est fort possible. Les journalistes et les rédacteurs ont très longtemps considéré le journal comme leur tribune ou la tribune d’un parti politique ou la tribune d’une corporation ou d’une entreprise. Internet a permis l’explosion de l’information communautaire.

La presse écrite et la presse Internet

Peut-on parler aujourd’hui d’un lectorat beaucoup plus défini pour la presse écrite que pour la presse Internet?

Difficile de répondre à votre question. Concernant la presse écrite, on connait le profil de lectorat. Concernant Internet, on a beaucoup d’informations concernant le nombre de clics mais on fait peu le rapport entre les pages visitées et le profil socioculturel de la personne qui les consulte. Edipresse Le Matin a développé un cd-rom multimédia qui permet d’analyser le comportement des internautes lorsqu’ils découvrent ce multimédia, un magazine interactif, mais on n’a pas le profil de l’internaute. Ça viendra.

La presse Internet encourage-t-elle un retour d’intérêt pour la presse en général?

Je n’en ai pas l’impression. Internet travaille pour Internet: lorsque vous êtes affilié à un site d’informations, ça vous donne envie d’aller plus loin sur des mots-clé et vous allez utiliser des moteurs de recherche pour approfondir votre démarche. Je ne pense pas qu’Internet renvoie à l’écrit. Par contre le quotidien assure la vitrine du net. Le meilleur concepteur web a besoin de faire sa promotion.

Serge July, directeur de Libération, premier quotidien français sur le web avec plus de 14’000 consultations quotidiennes, a répondu lors d’une interview:
«- Comment concevez-vous les rapports entre la presse écrite et le multimédia ? Complémentarité ou concurrence ?
- Serge July: (…) je crois que l’on a besoin de l’écrit. Je pense même qu’Internet, d’une certaine façon, revalorise et recrédibilise l’écrit. La presse et le multimédia sont complémentaires. Le support papier reste un outil formidable, parce qu’il propose une sélection quotidienne qui traduit des choix globaux, à la différence du web.»
Qu’en pensez-vous?

Il a totalement raison. Au début de la téléphonie mobile, le consommateur subissait un tarif, des services, etc. Aujourd’hui on offre un package pour les seniors, les kids, les urbains…on a la même approche sur les voyages qui coûtent peu chers avec une multitude de compagnies, d’hôtels…les gens consomment des formules : ils vont chez Nouvelles Frontières, Hotelplan et ils achètent une semaine en Tunisie avion, hôtel, nourriture, activités culturelles et sportives compris. Devant la pléthore de propositions, on ne peut plus faire de choix, l’offre est tellement gigantesque que l’on a besoin d’être guidé.

On est guide du routard, guide Michelin, guide Hachette… la presse c’est exactement la même chose: chaque personne adhère à un cheminement…ou pas. Par contre les gens sont beaucoup moins fidèles que par le passé. Prenons l’exemple du canton de Vaud, canton relativement traditionnel: l’abonnement au journal 24heures se transmettait de père en fils. Maintenant, les gens s’abonnent quelques mois à 24heures puis à l’Hebdo…passent d’un quotidien à un magazine et vice-versa. On a un zapping en matière de consommation de journaux que l’on n’avait pas il y a une dizaine d’années.

Dans quelles mesures le fond et la forme de la presse ont-ils évolué par le biais d’Internet?

Internet en matière de moteurs de recherche est une concurrence formidable pour la presse étant donné la profusion d’informations disponibles. Les rédacteurs revoient tous le format de leur journal pour en faciliter sa lecture. La presse écrite a été obligée d’évoluer rapidement: en France tous les quotidiens ont changé leur maquette, leur format, le graphisme…exemple: Le Monde, une institution pourtant!

Le rapport entre la télévision et la presse écrite était différent. La presse écrite étant plus analytique que la télévision. Qu’en est-il du rapport presse écrite / Internet?

L’analyse est l’avenir de la presse écrite payante. Quelle est la véracité des contenus sur Internet? Prenons l’exemple de Wikipédia : n’importe qui peut faire don de son savoir et l’information donnée est souvent invérifiée. La parution reste modèle de vérité, ainsi que nous pouvons le constater par exemple dans les revues scientifiques anglo-saxonnes de type Nature.

Quels changements au niveau des droits d’auteurs des journalistes?

Je ne suis pas spécialiste dans ce domaine. Différentes sortes de contrats: employés des maisons de presse, les journalistes abandonnent leurs droits à l’entreprise et les droits d’auteur sont spécifiés que ce soit sur le "print" ou le web. Les pigistes sont des indépendants, profession organisée quelque soit le support.

Quelle est l’ampleur du phénomène des «citoyens journalistes» qui nourrissent les médias?
Pour ou contre?

Ça correspond au trend communautaire. L’individu est plus intéressé par sa communauté que par l’environnement étatique, confessionnel ou politique. Internet propose davantage de segmentation. Maintenant la presse, grâce à la démocratisation des outils (caméra…), va bénéficier davantage d’images. Cependant, la différence se fera sur la manière dont on montrera, manipulera l’image, dont on commentera l’image et cela concernera les professionnels.

Les fédérations sportives (ex : FIFA…) créent leur propre site d’images et de diffusion. Elles ont de moins en moins besoin de la presse et la soumettent à des mesures drastiques. Pour Larry Kilman, directeur de la communication de l’Association Mondiale des Journaux, il y a atteinte à la liberté de la presse. Qu’en pensez-vous?

C’est une histoire de gros sous. Tout s’achète, l’exclusivité aussi. Je n’ai pas d’avis là-dessus.

Arrivez-vous à concilier diffusion par Internet et juste rémunération du contenu produit?

Concilier: oui. Est-ce que ça marche : non. Le problème avec le web est qu’avec un moteur de recherche on peut avoir tout et n’importe quoi.

Prenons l’exemple de Coca-Cola: on a des informations sur la société, sur la boisson et sur Britney Spears qui a bu un coca-cola…vu que c’est un article, la 3ème proposition (Britney Spears) sera vendue au client Coca-Cola alors que ça ne l’intéresse pas. Evolution à faire dans l’indexation de tri, les hommes doivent faire le tri, la machine en est incapable.

La presse et le phénomène «blogs»

Les blogs sont-ils un phénomène ponctuel comme l’a été l’explosion des radios locales dans les 80’s?

Non, vraisemblablement un phénomène de fond. La technologie a permis de rendre les échanges entre les personnes beaucoup plus simples. Les correspondances de Voltaire et de Rousseau, c’étaient des blogs sauf qu’il se passait quelques semaines entre les échanges. La vitesse de l’information fait qu’elle est beaucoup moins dense et profonde.

Le blog c’est une lame de fond. Ce qui est intéressant c’est de trouver le moyen de passer du blog au journal citoyen, d’arriver à extraire des éléments de conversation, d’échange pour les imprimer, dans la mesure où ils ont été contrôlés car ça intéresse les lecteurs de savoir ce que pensent les autres sur les problèmes locaux par exemple.

Certains blogs reprochent au monde de la presse sa léthargie en matière numérique. Pensez-vous que cette critique soit fondée?

La presse n’est pas léthargique. Une entreprise de presse n’est pas une start-up. Elle est constituée de gens qui investissent des capitaux sur 10, 15 ou 20 ans. Ce sont des industriels, ils ne peuvent pas changer de technologie en peu de temps. Culturellement, les grands groupes de presse sont surtout familiaux en Europe: ils misent à long terme.

Quand le web est arrivé, l’approche était vraisemblablement de bien comprendre le phénomène avant d’investir et c’est maintenant que la presse investit dans le web. En 2005, Edipresse a investi dans trois start-up. Il y a 10 ans, Edipresse a investi dans Edicom, il était nécessaire de ne pas s’engouffrer dans le web sans avoir bien analysé la situation. D’ailleurs le web n’est toujours pas rentable. Un parallèle à faire: la multitude de versions Microsoft, impossible de s’adapter aux changements chaque année, pour quelle utilité? Quelle rentabilité?

Même chose concernant la téléphonie mobile: on garde son téléphone, on n’en change pas tous les 6 mois malgré les offres alléchantes. L’individu a besoin de temps pour assimiler les changements. L’être humain a besoin de temps pour s’adapter.

Le rôle des journalistes est-il remis en question par les blogs, simples d’utilisation et multipliables à volonté?

Le journaliste n’est pas remis en question car il s’agit d’un vrai métier qui s’apprend et cela demande du temps: poser des questions qui vont générer des réponses intelligentes, savoir synthétiser, savoir intéresser son audience, savoir faire cheminer son lecteur. On aura toujours besoin des journalistes. Les blogs correspondent à un échange, le traitement est différent.

Quels dangers pour la profession de journaliste?

Ils doivent être bons, très bons car on a de plus en plus de reprises des dépêches d’agence (AFP, Reuters…). C’est un service que n’importe qui peut acheter, il suffit de payer des abonnements et citer les agences. Cela, tout le monde sait et peut le faire. On attend des commentaires de la part des journalistes en tant que spécialiste des affaires, de la mode…nécessité de captiver le lecteur. Il va falloir creuser davantage l’information et ne plus les recopier.

Aujourd’hui avec des sites comme blogger.com, n’importe qui peut créer son site et s’autoproclamer journaliste. Quelles sont les alternatives des journalistes?

Mon fils de 12 ans utilise Internet pour préparer un exposé scolaire. Il arrive à distinguer la page sérieuse de celle qui ne l’est pas. Chacun peut distinguer la qualité d’un journaliste de celui qui ne l’est pas.

Pensez-vous que les blogs soient un moyen d’influence fort pour le monde politique?

Certains blogs sont très célèbres. Ces personnalités s’étaient déjà construites de par le passé, leur crédibilité aussi. Le blog est une tribune comme une autre. Un moyen d’expression comme un autre, plus accessible. On va avoir plus d’experts qui vont chacun de leur côté apporter leur éclairage à des problèmes de société. Les minorités peuvent, par le biais des blogs, surmonter le handicap du manque de visibilité en n’étant pas affiliées à des journaux.

Les blogs manquent-ils de neutralité?

La neutralité n’est pas leur objectif. Leur objectif est d’échanger sans tabou. Ils n’ont pas de soucis didactique, pédagogique, c’est un échange de correspondance qui peut être visible, public. Un journal ou un site Internet sont des restitutions non un échange. Même si certains sites se veulent interactifs.

Bonus

Souhaiteriez-vous me communiquer une information supplémentaire pour le sujet traité?

Rien de particulier. On est à un tournant, dans une société de profusion. Le modèle de vie standard vole en éclat. Personnellement je regarde la télévision "offline". Je ne regarde plus la télévision "online": énorme bouleversement de la télévision qui a été conçue pour générer de la publicité plus chère en fonction de l’horaire. Les médias évoluent, on est à l’aube des grands trends. La bonne formule est à trouver.

Fin de l’interview.

Sincères remerciements à Monsieur Philippe Gendret pour sa disponibilité.



Réalisé par Géraldine Muller Goucha


dossier préparé par:


Eva Ackermann, Thierry de Torrenté, Francis Grosjean, Géraldine Muller