Technologies émergentes pour les entreprises d'aujourd'hui | Novembre 2004


3 analyses

VoIP – C’est déjà la télécommunication de demain

IPv6 – L’Internet de la dernière génération et l’entreprise

UMTS – L’accès à la mobilité haut débit

VoIP – C’est déjà la télécommunication de demain

Nous vivons dans l'époque numérique, où tout passe par l'Internet. Ainsi la télécommunication ne fait pas exception à cette règle, mais elle est en train de passer par une mutation profonde. C'est le fruit de l'innovation qu'apporte le développement exponentiel de la TIC (technologie de l'informatique et de la communication) de ces dix dernières années. Comment la télécommunication s'intègre-t-elle dans le domaine de l'Internet? Quels contextes technico-économiques ont favorisé l'éclosion de la fusion entre ces deux mondes si différents, celui de l'informatique et celui de la téléphonie ? Quelles perspectives une entreprise peut-elle avoir face à cette révolution ? Faisons un tour d'horizon de la situation.

C'est du passé

Depuis l’invention du téléphone par Antonio Meucci (1808 – 1896) il y a plus de 130 ans, la téléphonie classique n’a connu guère de changements fondamentaux, excepté son apparence esthétique. Ainsi qu’un immense réseau téléphonique a été bâti à travers le globe pour transporter la voix humaine. Ensuite dans les années 80 à 90 du siècle passé, une autre toile gigantesque - le réseau informatique - a été tissée en parallèle pour subvenir aux besoins croissants du domaine informatique, comme transmettre des données, envoyer des courriers électroniques et télécharger des données numériques sur le réseau.

Mais une nouvelle technologie était apparue en 1995, appelé VoIP, qui permettait de transporter la voix à travers un réseau utilisant le protocole IP. Les particuliers étaient les premiers à profiter de cette technologie pour passer leurs appels à travers l’Internet sans avoir eu une qualité de voix optimale ni une garantie de sécurité. Mais les entreprises hésitaient à s’engager concrètement dans cette aventure, parce que la technologie VoIP, encore immature à l’époque, n’offrait pas une qualité de services téléphoniques comparable à celle de la téléphonie classique.

Après des années d’attentes, la VoIP revient enfin en force. Notamment grâce à la généralisation de la connexion d’Internet à hauts débits, la technique du numérique, le codage standardisé et la maturation de certaines technologies qui étaient essentielles pour le développement comme les terminaux, les passerelles de services ou encore l’arrivé de nouvelles cartes de son bidirectionnelles «full duplex», VoIP peut nous offrir une qualité de service sans précédant qui bouleverse le marché des télécommunications d’aujourd’hui.

VoIP, que signifie-t-elle ?

VoIP, est l’abréviation anglaise de Voice over Internet Protocol

La voix sur Internet Protocole, en français, est une technique qui permet d’intégrer la voix aux données transmises par paquets sur un réseau utilisant le protocole IP.

Contrairement à la téléphonie classique qui dépendait du RTC dédié (Réseau Téléphonique Commuté dédié), la voix sur IP permet le transport de la voix comme n’importe quel genre de donnés sur l'ensemble du réseau qui accepte le protocole IP, tels que l’Internet publique, le réseau d’entreprise/privé ou bien une combinaison des deux.

VoIP est une solution de convergence voix et donné, applicable dans le domaine de la télécommunication qui permet de réaliser:

  • La téléphonie sur IP (ToIP): établir la communication entre les ordinateurs, entre un ordinateur et un téléphone ou encore entre les téléphones à travers un réseau IP. ToIP constitue l’application majeure du VoIP.
  • La téléphonie mobile sur IP: utiliser le téléphone portable dans un endroit fermé (l’usine, l’immeuble) ou un lieu public (la gare, l’aéroport ou l’hôpital) sur WLAN.
  • La conférence IP: réaliser une conférence audio, vidéo ou en mode texte par IP
  • La télécopie IP: envoyer une télécopie en empruntant la route IP
  • L’unification des applications: la messagerie unifiée (des messages vocaux, des courriers électroniques, des télécopies) et l’annuaire unifié.

Les enjeux économiques

A nos jours, le bon fonctionnement de la téléphonie, du transfert de donnée et de l’échange d’informations est important pour la réussite d’une entreprise, mais posséder deux réseaux en même temps est un lourd investissement. Malgré la baisse des tarifs par les opérateurs, les frais de la téléphonie restent toujours plus importants que pour la transmission des données par les lignes louées. Comment diminuer les dépenses et réduire les coûts opérationnels constituent les questions qui préoccupent le plus grand nombre d’entreprises aujourd’hui. C’est là que la technologie de la voix sur IP montre ses avantages.

  • La réduction drastique des frais de la communication téléphonique: passer la voix sur l’Internet est perçu comme gratuit par les utilisateurs, parce que l’accès d’Internet est payé par un forfait de la capacité du volume transporté et non pas par l’opération effectuée. Biens que la télécommunication par IP ne soit pas vraiment gratuite, le coût est néanmoins dérisoire - jusqu’à un dixième du prix de la téléphonie traditionnelle. « En passant par la téléphonie sur IP entre les administrations, nous allons réaliser 50 millions d’euros d’économies » a répondu le Premier Ministre français, Monsieur Jean-Pierre Raffarin, à un journaliste de la Radio France-Inter le 26 mai 2004, ce qui illustre l’intérêt économique qu’apporte la technologie VoIP à ceux qui l’emploient.

    Comme la distance de la communication sur IP n’a plus aucune influence sur le prix et plus les interlocuteurs sont éloignés entre eux plus la différence des prix est considérable par rapport au prix de la même opération sur une ligne classique. Sans aucun doute, les entreprises multinationales, les compagnies avec des succursales et les cabinets ayant des contacts quotidiens avec l'outre-mer sont les grands gagnants en exploitant cette technologie. De plus en plus de sociétés sont séduites par la VoIP tout comme en Suisse l’État de Vaud, Novartis, Nestlé, le Groupe Mutuel et le CICR qui sont devenus des adeptes convaincus de cette technologie.

  • Le bénéfice d'exploitation d’une infrastructure intégrée: dans la majorité des cas, les entreprises suisses procédaient ces deux réseaux distincts. Chacun était administré par une équipe spécialisée dans son domaine respective. Mais la convergence de ces deux réseaux permettra de simplifier l’administration et la maintenance en constituant une seule équipe pour gérer ces deux services à partir d’un site central. Les économies sur les ressources humaines sont de toute évidence substantielles.

Les interventions en cas de dérangements s’effectuent la plupart du temps sur le réseau à distance. Cela évite à l’équipe de maintenance de se déplacer physiquement ce qui représente un gain de temps et d’argent considérable.

En mettant tous les types de données, la voix, la vidéo, le texte, sur un seul réseau physique, on réduit des investissements non négligeables en matière d’infrastructure. Il n’y aura plus qu’un seul câblage pour l'ensemble de l’installation.

  • Une grande flexibilité et mobilité du personnel: avec les fonctions log in/log out et un mot de passe, le personnel se déplace facilement à l’intérieur du réseau ce qui permet à l’entreprise de réagir face à un événement ou une demande inattendue du marché en constituant rapidement une équipe d’action pour répondre à ce besoin. De même que le déménagement des employés ou la saisie des nouveaux d’arrivés seront effectués dans l’immédiat sans entraîner de coûts supplémentaires. Les collaborateurs itinérants peuvent accéder à tout moment aux services téléphoniques de l’entreprise.
  • Créer du nouveau dynamisme, améliore la GRC (CRM) d’entreprise: les outils de «travail en collaboration» permettent aux groupes de personnes d'échanger des textes, des images et des paroles, en temps réel, à partir de leurs ordinateurs ou de leurs téléphones IP. De cette manière, les synergies se créent entre ces collaborateurs. Grâce à la convivialité et à la simplicité de l’usage de leurs outils, ils sont plus productifs et fournissent des services de meilleure qualité.

Pour un accueil de qualité et une gestion optimale des ressources du personnel, une organisation des réseaux VPN, du genre - centres d’appels virtuels – est nécessaire, car on peut ignorer la localisation géographique des collaborateurs du centre, un appel entrant peut être traité par un agent de la compagnie, par un employé d’une succursale implantée à l’étranger ou encore être dévié facilement depuis le centre vers une personne compétente pour satisfaire les besoins du client.

  • Une grande disponibilité des lignes: grâce à la technique de compression, la voix sur IP utilise jusqu’à dix fois moins de bandes passantes que la téléphonie traditionnelle qui ne permettait qu’une seule connexion par canal destiné.
  • Une structure pur IP ou hybride?

    L’intégration de la voix et des données sur un même réseau peut se concrétiser de façons très différentes. Selon les besoins ou les différents objectifs, trois principes de configurations sont possibles :

    • Pur IP: ce type de réseau n’a aucun lien avec RTC. Tous terminaux sur le réseau respectent les normes de la VoIP. Les ordinateurs doivent être équipés d’un micro, d’un haut-parleur, d’une carte de son bidirectionnelle et d’un logiciel adéquat pour pouvoir communiquer entre eux. Pour les compagnies start-up, les propriétaires de constructions immobilières nouvelles et les entreprises aux systèmes téléphoniques obsolètes, c’est l’occasion idéale pour passer le cap directement vers la VoIP.
    • L'hybride: quand un abonné classique communique avec un terminal IP relié au réseau IP, il doit emprunter une passerelle de service (Gateway) qui fait la liaison entre le réseau informatique et le réseau téléphonique. C’est le cas d’une société qui adapte la nouvelle technologie par étape selon la priorité de ses besoins ou de ses conditions financières. La migration du réseau se fera progressivement vers la VoIP sans perturber les fonctionnements habituels ni détériorer la qualité du service de la compagnie.
    • L’interconnexion du PABX: quand deux PABX’s se situent dans des locaux à distance, leur connexion se réalise à travers un réseau IP. C’est une structure qui utilise la VoIP uniquement dans le passage entre ces deux sites mais le reste du circuit est de la téléphonie classique. S’il y a peu de communications téléphoniques à l’intérieur du site mais les interconnexions sont plus importantes ou si les équipements téléphoniques classiques sont encore relativement neufs, l’interconnexion de PABX est une solution peu onéreuse.

    Avant de décider une solution donnée, on est avisé d'analyser et d'étudier minutieusement tous les détails possibles. Où sont les besoins réels? Quels sont les objectifs commerciaux? La situation économique et financière actuelle est-elles prise en compte ? Comment assurer la sécurité ? Évaluer le ROI (return on investment – le retour sur l’investissement), connaître les disponibilités matérielles et personnelles de la société constituent de critères d'évaluations indispensables pour faire un investissement à valeur ajoutée à long terme.

    La VoIP est-elle une menace pour les opérateurs de la téléphonie traditionnelle ?

    «La voix sur IP représente aujourd’hui près de 15% des appels téléphoniques internationaux dans le monde. En 2003, près de 25 milliards de minutes ont été ainsi échangées par l’IP contre 19 milliards en 2002 et 150 millions en 1998…... Cette évolution entraînait une baisse très conséquente des revenus liés aux consommations téléphoniques classiques pour les opérateurs traditionnels comme France Télécom» expliqua cette société en septembre 2004 sur son site Internet.

    Les enjeux financiers de la VoIP sont immenses, non seulement pour les entreprises qui l’adoptent, mais aussi pour les opérateurs «classiques». En ce qui concerne ces derniers, ils doivent rapidement trouver des solutions concrètes pour éviter des baisses probables de leur chiffre d’affaires en proposant des services innovateurs avec plus de valeurs ajoutées pour leur clientèle tels que les services de données – les SMS, les MMS; les services multimédia – les jeux électroniques, les télévisions et les cinémas sur Internet. Les publicités et les annuaires téléphoniques (pages blanches et jaunes) sur l’Internet avec les fonctions de click to dial/click to fax. La majeure partie du bénéfice ne se réalisera plus sur les échanges téléphoniques, mais sur les services annexes, tels que l’accès d'une partie ou de l'ensemble de ces services supplémentaires.

    La VoIP en perspective

    Tout se passe par l’Internet, ce n’est plus une illusion! Aujourd’hui, nous vivons entièrement dans cette transformation inéluctable. Il n’est plus question si nous adapterions la VoIP dans nos systèmes de télécommunication ou pas, mais plutôt quand et comment.

    Selon une statistique du ministère de l’information et de l’industrie de Chine, 46% des appels de longue distance sont des appels sur IP ce qui correspond à 54.8 milliards de minutes pendent les premières six mois en 2004, une croissance soutenue de 45% chaque année. 25 à 30% des grandes entreprises aux Etats-Unis, 23% au Japon et entre 15 à 20% en Europe sont munies de la VoIP selon la dernière étude de l'Idate.

    Cette tendance de croissance atteindra une vitesse encore plus fulgurante ces prochaines années, jusqu'à ce que la technologie VoIP arrive à son âge de maturité. Avec la progression continuelle de l’informatique et des systèmes de réseaux, comme la création de la prochaine génération d’IP – IPv6 (voir l’article de Rosa M. Delgado IPv6 : l’Internet de la dernière génération et l’entreprise) et l’application étendue du protocole SIP, la sécurité et la qualité des services (QoS) liés à la VoIP ne seront plus considérés comme des difficultés. Les restrictions et les insuffisances en téléphonie IP comparés à la téléphonie classique disparaîtront progressivement. Les Nations Unies encouragent aussi l'utilisation à grande échelle de la VoIP et incitent les gouvernements de tous les pays du monde à aller dans le même sens. Dans son rapport sur le commerce électronique et le développement en 2003, l'ONU a sévèrement critiqué les autorités de certains pays qui ont essayé d'empêcher l’utilisation de la VoIP par des barrières légales pour protéger les intérêts des compagnies de télécommunications nationales encore monopolistes.

    Tout comme la disparition d'inventions extraordinaires tels que la télégraphie et le télex, un jour nous ne brancherons plus que l’Internet pour téléphoner parce que le réseau téléphonique classique n’existera plus, ne sera bientôt plus du domaine de la fiction. Avez-vous déjà imaginé une formule quatre en un - c'est-à-dire l’Internet, la télévision, la téléphonie et le courant électrique qui ne passeront plus que par un seul câble dans toutes nos maisons?

    Lectures:
    « Voice over IP – Grundlagen, Protokolle, Migration » Jochen Nölle, VDE Verlag GmbH, 2003
    « E-Commerce and development report 2003 » United Nations Conference on Trade and Development, New York and Geneva, 2003
    www.unctad.org/ecommerce
    www.francetelecom.com
    www.nortelnetworks.com



    Réalisé par Yanqing Wyrsch

     

    IPv6 – L’Internet de la dernière génération et l’entreprise

    A l'heure actuelle, les services offerts par l'Internet mondial sont tous basés sur le protocole TCP/IP courant. Ce protocole, connu également sous le nom d'IPv4 (Internet Protocol Version 4), a des capacités limitées en termes de plan d'adressage IP. Au fil des années, au vu de la progression exponentielle du nombre d'adresses enregistrées sur IPv4, on a tenté de bricoler des méthodes visant à surmonter ces limitations afin d'éviter une raréfaction de cette ressource clé: les adresses. Toutefois, ces solutions ne sont que des pis-aller, et elles ne prennent pas en compte l'adoption de nouveaux appareils tels que les téléphones portables de troisième génération (3G). La dernière génération du protocole IP est déjà en place et monte en puissance, et la communauté des Internautes ne peut l'ignorer. La version 6 du protocole IP (ou IPv6) résout ce problème d'adressage et répond aux nouvelles exigences de sécurité; négligées par IPv4. L'IPv6 permet d'adopter les nouvelles technologies "always-on"; et les applications 3G destinées aux utilisateurs finaux.

    Historique

    D’ici à 2010, la Task Force suisse sur l’IPv6 prévoit qu’il ne restera pratiquement plus aucune adresse Internet IPv4 (protocole Internet version 4) disponible, raison pour laquelle les investissements dans le nouveau protocole IPv6 (protocole Internet version 6) sont à la fois nécessaires et inévitables.

    Si la majorité des utilisateurs d’Internet utilisent tous les jours, mais sans le savoir, le protocole Internet IPv4, cela devrait bientôt changer. Face à la pénurie d’adresses Internet, il ne sera plus possible de satisfaire les besoins en nouvelles adresses en se contentant du « vieux » protocole IPv4. En effet, tous les appareils utilisables à domicile ou à l’extérieur auront besoin de plusieurs adresses IP à savoir voitures, réfrigérateurs, téléphones portables, agendas électroniques personnels (PDAs), ordinateurs: la vie est de plus en plus mise en réseau. Aujourd’hui déjà, tout un chacun peut obtenir un accès au réseau IPv6. Et peut donc constater « de visu » la différence.

    Qu’est-ce IPv6 ?

    IPv6 a été conçu par l’Internet Engineering Task Force (IETF) en 1995 “afin de surmonter les limitations de la version actuelle du protocole Internet (ou IP), à savoir le protocole IPv4.

    L’extension de l’espace d’adressage de 32 bits à 128 bits qu’offre le protocole IPv6 est à l’origine de la révolution des réseaux IP. IPv6 offre en effet des trillions de trillions de trillions d’adresses IP à la population mondiale, ce qui est suffisant pour satisfaire à tous les besoins d’adressage « pour les décennies à venir ».

    A l’heure actuelle, il faut savoir que plus de 70% des adresses IPv4 ont déjà été attribuées (70% pour l’Amérique, 18% pour l’Europe et 12% pour l’Asie) et que les limitations inhérentes au protocole IPv4 incitent tous les Etats à adopter le nouveau protocole IPv6. La Corée du Sud et le Japon ont déjà fait « le saut IPv6 » et l’Union européenne - European Commission IPv6 Task Force - y consacre des fonds très importants à des applications concrètes utilisant quotidiennement IPv6 et fonctionnent déjà sans anicroches dans plusieurs pays européens.

    Pourquoi IPv6?

    Pour être vraiment mobiles, les appareils que nous emportons avec nous doivent pouvoir être évolutifs et passer constamment d’un réseau à un autre et d’un type de technologie à une autre. Ils doivent être en mesure de se configurer eux-mêmes et de s’annoncer à chaque réseau. A cet effet, l’adoption d’IPv6 s’impose.

    En Suisse aussi, tous les exploitants de réseaux (Swisscom, Sunrise, Orange), mais aussi les grands groupes informatiques (Oracle, Hewlett Packard, IBM, Dell, Hitachi, Motorola, Siemens, NEC, Samsung) sont d’ores et déjà convaincus. Dès aujourd’hui, des stratégies et des scénarios ont été mis en place et des investissements sont en passe d’être consentis au niveau national.

    Grâce à ces réseaux plus rapides, plus sécurisés et plus intelligents, les technologies émergentes facilitent la vie des gens, des entreprises et des gouvernements.

    Opportunités offertes par IPv6

    La technologie sans fil offre de multiples opportunités commerciales aux entreprises, non seulement grâce au transport de la voix et des données sur un seul réseau, mais également grâce aux services IP. La technologie IPv6 d’entreprise soutient la productivité et le service à la clientèle en réduisant les coûts, offrant ainsi aux entreprises des solutions irremplaçables à haute valeur ajoutée.

    La technologie mobile fournit des services Internet aux utilisateurs nomades, où qu’ils se trouvent et n’importe quand, et les conduit vers les services mobiles de la nouvelle génération. Les utilisateurs en voyage apprécient de pouvoir travailler depuis leur poste de travail exactement comme s’ils étaient chez eux.

    Il est essentiel de promouvoir la sensibilisation de tous les acteurs de la société – y compris auprès des entreprises et de l’industrie - au profond impact sur notre société qui résultera de l’arrivée de l’IPv6, à savoir l’Internet de la dernière génération.

    Avec l’IPv6, il convient de répondre non seulement à ces besoins d’adressage, mais à l’urgence pratique que représente la simplification de l’installation des réseaux, ainsi qu’à la nécessité que des hôtes puissent enfin communiquer plus facilement par le biais de solutions « end-to-end » en recourant à des applications « peer-to-peer ».

    IPv6, moteur du développement de l’Internet mobile

    IPv6 devient ainsi le principal outil d’évolutivité du protocole IP et, par voie de conséquence, le moteur du développement des réseaux sans-fil (Wi-Fi), de la mobilité, et de l’accessibilité permanente à la société de l’information.

    IPv6 offre l’opportunité de développer de nouvelles solutions IP novatrices pour les entreprises, de terminal à terminal (« peer-to-peer »), par exemple, la téléphonie sur IP (Voix sur IP (VoIP) (voir article de Yanqing Wyrsch, « C’est déjà la télécommunication de demain »), les applications interactives, la vidéo-conférence et le GRID computing. GRID, voir la dernière et la plus complète évolution des derniers développements tels que l'informatique distribuée, les web services et les technologies de virtualisation.

    IPv6 comporte un mécanisme d’auto-configuration qui permet au terminal, dès son arrivée dans un nouveau réseau, d’obtenir son adresse à partir d’un préfixe diffusé par le routeur local – un processus complètement transparent pour les utilisateurs.

    Les efforts réalisés pour les experts informatiques pour sécuriser les architectures IPv4 au niveau du réseau et des applications ont été également répliqués sur les architectures IPv6. Mais IPv6 apporte une solution immédiate à la sécurisation des flux de terminal à terminal, ce qui n’est pas possible en faisant appel aux architectures IPv4.

    Au niveau de l’entreprise, la mise en œuvre des solutions de mobilité IP « Mobile IPv4 » pose des problèmes importants, qui freinent son déploiement à grande échelle. Ces problèmes ont toutefois été pris en compte dans la spécification du protocole dit « Mobile IPv6 »

    Il s’agit d’assurer la coordination des actions à réaliser afin de permettre une intégration progressive du protocole Internet IPv6 dans les réseaux. Il s’agit en effet de, développer de nouvelles applications commerciales des opérateurs en vue d’améliorer de l’infrastructure des réseaux et des services (opérateurs, fournisseurs d’accès et de services), les réseaux d'entreprises, applications d'IPv6 à domicile et applications d'IPv6 pour les téléphones mobiles.

    Qu’est-ce qu’un routeur 6WIND ?

    La société 6WIND est une société française spécialisée dans les solutions de migration vers l’IPv6, qui entend accélérer son développement en Asie et en Europe.

    6WIND conçoit et commercialise des routeurs d’accès à l’Internet de nouvelle génération qui exploitent les possibilités du nouveau protocole IPv6 tout en restant entièrement compatibles avec l'infrastructure actuelle IPv4 de l'Internet.

    Patrick Cocquet, PDG de 6WIND, explique que «le premier tour de table [de sa société] avait pour but de financer le développement de la gamme de routeurs d’accès 6WINDGate™ jusqu'à sa mise sur le marché ainsi que les premières expérimentations. Un nouvel apport de 7,5 M d'euros est destiné à financer notamment la mise en place des structures commerciales de 6WIND en Asie Pacifique. »

    Et il précise : « Cette région, dans laquelle les premiers services commerciaux d’opérateurs qui utilisent l'IPv6 sont déjà disponibles, représentera dans les deux prochaines années au moins 50% du marché mondial d’IPv6 ».

    Pour Franck Delorme, General Partner chez Sofinnova Partners : « Après plusieurs années d’évaluation, le marché de l’IPv6 a réellement démarré en 2001 avec l’annonce du support de ce nouveau protocole par des acteurs établis de l’informatique et des télécoms, et nous devrions voir en 2002 les premiers déploiements significatifs. Les capacités d’adressage quasi infinies d’IPv6 permettent de mettre en réseau des centaines de millions d’équipements fixes, mobiles ou embarqués et favorisent l’émergence de nouveaux marchés, sur lesquels 6WIND est déjà un précurseur».

    Conclusion

    La seule manière de parvenir à mettre en place l’aspect global de l’Internet (« Internet pour chacun ») réside dans une transition en douceur et coordonnée vers les technologies IPv6.

    L’adoption d’IPv6 et des technologies émergentes est essentielle, notamment pour les petites entreprises opérant à l’échelle locale. Il s’agit d’un facteur décisif de créations de nouveaux emplois, qui devrait bénéficier en Suisse d’un soutien bien plus fort qu’actuellement, tant du secteur public que privé. L’utilisation d’IPv6 favorise en effet la mise en place de nouveaux services qui utilisent ce protocole de l’avenir, ce qui entraîne nécessairement l’émergence de nouveaux marchés. L’exemple de la Corée du Sud le prouve à l’envi.

    Enfin, IPv6 entend lutter d’emblée contre la fracture digitale entre les pays « info-riches » et « info-pauvres » qui a caractérisé toute l’histoire du protocole IPv4. L’avènement du protocole IPv6 est en effet une opportunité unique, tant pour les régions périphériques défavorisées en Europe que pour les pays en voie de développement, d’accomplir en un seul saut la révolution de la communication mobile et la révolution Internet. L’adoption du protocole IPv6 aura donc une influence directe sur le niveau de prospérité et de compétitivité globale.

    Lectures:
    « IPv6 Essentials », Silvia Haggen, O’Reilly & Associates Inc. Publishing, 2002. (ISBN 0-596-00125-8). Jim Sumer Editor.
    « IPng and the TCP/IP Protocols - Implementing the Next Generation Internet », Stephen A. Thomas, Wiley Computer Publishing, John Wiley & Sons Inc.,1999. (ISBN 0-471-13088-5). Diane D. Cerra Editor.
    IPv6 TF Around The World
    What is GRID Computing?

    Autres liens:
    European Centre for Nuclear Research, CERN
    IPv6 Forum
    GRID - Pour en savoir plus sur le Grid computing
    + GRID Computing Info Centre
    + GRID Computing Planet
    + GRID Café
    + Le Grid démultiplie la puissance de calcul



    Réalisé par Rosa Delgado

     

    UMTS – L’accès à la mobilité haut débit

    UMTS, accès à la mobilité haut débit. Si il est une technologie de communication annoncée longtemps à l'avance à grands coups médiatiques, c'est bien le fameux UMTS.

    Quelques dates importantes dans la téléphonie mobile suisse

    • 1958 Premier réseau de radiocommunication des PTT.
    • 1978 Natel A, avec ses cinq sous réseau, capacité 4'000 abonnés, saturé après deux ans, et actif jusqu’en 1995
    • 1984 Natel B, capacité de 9'000 abonnés, il est saturé après une année.
    • 1985 Natel C, système analogique, il rend possible la téléphonie internationale, et donc l’itinérance.
    • 1992 Libéralisation du marché. A la fin de l’année, le nombre d’utilisateur atteint les 215’000.
    • 1993 Natel D, GSM numérique, nouvelle norme à haute performance. Ouverture à de nombreux services. En 1997, 95% des zones habitées sont couvertes.
    • 2000 Le WAP est introduit, cette technologie permet d’associer la téléphonie portable, avec l’Internet. A la fin de l’année, les licences UMTS sont accordées.
    • 2001 La technologie HSCDS est introduite. En regroupant les canaux, les Email et l’accès à l’Internet sont plus rapides.
    • 2002 Le GPRS entre dans sa phase de commercialisation. L’envoi de données par paquets est la nouvelle norme rapide pour l’accès à la grande toile.
    • 2004 Le 30 août, le lancement par Swisscom de la nouveauté mondiale Mobile Unlimited lance la nouvelle air de l’UMTS en Suisse.

    Comment ça marche ?

    Vous l’avez compris, l’UMTS ou 3G désigne une nouvelle norme de téléphonie mobile. Elle préfigure le haut débit mobile. Son principe est d’exploiter une bande de fréquence très large pour faire transiter les données et ainsi obtenir un débit très important. Celui-ci peut en théorie atteindre 2 mégabits par seconde, dès lors, plus de différence de vitesse de transmission entre votre plateforme mobile et votre terminal de bureau équipé de l’ADSL.

    Cette norme exploite le nouveau protocole de communication W-CDMA, ainsi que de nouvelles bandes de fréquences établies entre 1900 et 2200 MHz. Ce protocole permet d’envoyer simultanément l’entier des données par paquets. Il faut relever que ces paquets ne sont pas forcement dans l’ordre. Ainsi, le récepteur est capable de recevoir ces données, de les rassembler, et de les remettre dans le bon ordre.

    La promesse initiale des 2 Mbps n’est malheureusement que pure théorie. En effet, si on peut imaginer d’effleurer cette vitesse depuis un lieu fixe, en mouvement, il en est tout autre. En Europe la norme a été fixée entre 64 et 128 kbps en émission et 128 à 364 kbps en réception. Finalement, pour un premier « système haut débit mobile » le consommateur se satisfait de cette vitesse, approchant le débit de l’ADSL « basse vitesse ».

    Une couverture pas encore universelle

    Swisscom, le premier fournisseur UMTS en Suisse, indique une couverture de plus de 77% du territoire. Il propose une offre commerciale pour le moins intéressante pour les inconditionnels de la mobilité : une carte multinorme, passant sans problèmes entre le protocole UMTS, GPRS, et WLAN. Dès lors, l’usager mobile ne se trouve plus confronté aux coupures lors de saut de réseau, il ne s’aperçoit que du changement de vitesse inhérent au mode de transmission.

    Les opérateurs des principaux pays européens développent également des réseaux 3G. Plus de 60 licences ont été attribuées en Europe pour la plupart achetées à des prix outranciers. D’autres licences n’ont pas trouvés d’acquéreurs, ceci laissant une partie des fréquences radios réservées à la 3G inutilisées. Grâce aux accords de roaming avec la Suisse, il sera possible dans un très proche avenir, de voyager en accédant à leurs réseaux haut débit. De plus, avec un terminal multi mode, on a la possibilité de se rabattre sur le système GPRS.

    Dans le reste du monde, diverses normes sont en cours de développement. Les grands marchés tels que la Chine, les Etats-Unis, ou encore les pays de l’Est sont encore indécis quand aux protocoles à exploiter.

    Les « plus » de la 3ème génération

    Déjà envisageable sous la norme GPRS, l’accès à l’Internet est évidement possible et plus rapide avec les terminaux 3G, que se soit avec les futurs téléphones compatibles avec cette nouvelle normes ou les cartes réseaux de types PCMCIA. La norme WAP est encore utilisée sur les téléphones de moyenne de gamme, mais le HTML ne va pas tarder à conquérir nos portables.

    Les disques durs font également leur entrée, intégrés aux téléphones, permettant de stocker une quantité d’information jusqu’à lors inégalée. La caméra, indispensable pour la visiophonie, sera l’accessoire intégré indispensable de tous bons mobiles. L’écran « haute résolution » deviendra indispensable afin d’exploiter le multimédia images dans les meilleures conditions.

    Certes, les constructeurs informatiques ont dépassé le stade de la réflexion, et ils envisagent l’intégration dans les ordinateurs portables de nouvelles antennes de types UMTS, et ceci en plus des protocoles Wi-Fi et Bluetooth. L’ordinateur mobile performant devient par ce biais un bureau connecté en permanence avec le monde.

    Sur le plan de la communication vocale pure, cette technologie exploite une bande de fréquence beaucoup plus large, en conséquence elle permet de passer trois fois plus d’appels téléphoniques, ainsi plus de saturation des réseaux.

    Les applications tous publiques

    A l’évidence, la vidéo est la grande bénéficiaire de la nouvelle norme. La visiophonie, est certainement le mode de communication le plus révolutionnaire que nous auront à disposition dans les prochaines années. En effet, il suffit d’une caméra intégrée dans le téléphone ou le terminal pour enfin visualiser son correspondant en transmission continue. Le streaming, technologie connue depuis quelques années lors de l’avènement de l’ADSL, est maintenant applicable sur les téléphones grâce aux flux continu autorisé par le haut débit de la 3G. Le confort d’utilisation des services multimédia déjà proposés tels que SMS, MMS, Chats, jeux, messageries instantanées est forcément accru. Le possesseur de portables UMTS pourra également effectuer des paiements via sa banque lors de l’achat de service.

    Les applications dans l’entreprise

    Le Business to Employees (B2E) est certainement le domaine où la 3G va être la plus utile. De plus en plus d’employés sont demandeurs d’un accès mobile aux informations, et aux applications de leur compagnie. Et pour les dirigeants, les ressources afin de prendre les décisions sont indispensables. Les messageries, les portails sont devenus de nos jours des éléments hautement stratégiques. L’accès rapide et fiable aux données passe par l’UMTS. Les grandes entreprises mettent à disposition de leurs collaborateurs de nombreuses solutions de type bureaux mobiles.

    Les portails de type Intranet seront également accessibles via la 3G. La lenteur relative du GPRS est très dissuasive lors de l’emploi de système de sécurisation et de cryptographie. Le nouveau niveau de transmission permet non seulement une sécurité de type SSL 128, mais une fiabilité dans le domaine des pertes de données en cours de transite.

    Le Business to Business (B2B) va également se développer dans un contexte de mobilité. Les possibilités actuelles offertes aux décideurs sur le terrain passent essentiellement par la voie du téléphone. La visualisation d’une solution offerte par une entreprise, et la prise de décision du demandeur peut maintenant s’effectuer en dehors du bureau. De nombreuses bases de données, catalogues, seront étudiés avec le client en complète mobilité.

    Le Business to Consumer (B2C) étant le domaine en e-commerce le plus répandu sur la toile, celui-ci va forcement prendre un essor tout particulier en m-commerce ou autrement dit en commerce mobile. Le frein, il y a peu, était la vitesse qui ne satisfaisait pas le client, et la plateforme WAP manquait de convivialité. Bon nombre de plateformes commerciales se trouvant sur le net pourront grâce à l’UMTS apparaître sur les portables et les ordinateurs mobiles. De plus, des applications spécifiques sont en développement telles que la vente de musique, les porte-monnaie électronique, la commercialisation de programmes de télévision, la navigation routière, les systèmes d’alarme et de sécurité, la domotique.

    Le matériel

    Evidemment, les téléphones GSM/GPRS ne fonctionnent pas sous la norme UMTS. Vous voulez la 3G, alors vous devez acquérir un nouveau modèle qui lui sera compatible à la fois avec la nouvelle norme, mais également avec le GSM. Les téléphones sont en tous points identiques avec les derniers modèles GSM apparus sur le marché.

    Vous voulez brancher votre ordinateur portable sur l’UMTS, vous devez vous procurer la carte Mobile Unlimited chez Swisscom, unique revendeur actuel.

    A quand la 4G ?

    Comme à chaque fois que l’industrie annonce une nouveauté dans le domaine de la technologie, elle est presque déjà dépassée ! La 3G n’est qu’une transition, une étape de plus dans la course au débit/seconde. En effet, la norme HSDPA est déjà testée dans les labos, et promet une vitesse supérieure, mais surtout une cellule pourra offrir une connexion à plus de trente utilisateurs, alors que la cellule UMTS accueille que deux utilisateurs. On peut considérer quand 2006 nous aurons alors la 3,5G.

    La 4G serait prévue entre 2007 et 2010 au Japon. Cette technologie est intitulée OFDM, et elle permettra d’atteindre des débits de 300 mégabits/s.

    Lectures:
    www.swisscom.ch
    www.laviedunet.be
    www.awt.be
    www.3ie.org
    www.fing.org



    Réalisé par Thierry de Torrenté


    dossier préparé par:


    Imane Abourabi, Thierry de Torrenté, Rosa Delgado, Yanqing Wyrsch