Financement des PME | Juillet 2004


Interview d'Alain Guttman

Interview réalisé avec Monsieur Alain Guttman, Managing Partner et créateur de la société SFF Financial Services au 1.1.2001

Mr Guttman, était auparavant chez CGEY, avec comme dernière responsabilité Executive Vice President de CGEY en charge de l'entité consulting pour la Suisse. Il travaille depuis 15 ans dans le domaine du consulting en management. Il est diplômé du HEC Lausanne (1981).

Quel est le rôle d'une société de capital-risque en général? Quel est son rôle plus spéciquement en Suisse Romande?

La mission d’une société de capital-risque est d’investir dans les sociétés à fort potentiel d’augmentation de valeur pour une durée limitée (maximum 7 ans) avec pour objectif de faire une plus-value sur capital à la hauteur du risque qui a été pris.

En Suisse romande, compte tenu du fait que le marché est très petit, les sociétés de capital-risque interviennent surtout au niveau des start-ups, en particulier dans les domaines de la technologie.

Quels sont les domaines ou types d'entreprises auxquels vous vous intéressez particulièrement?

Quelques acteurs du marché (3 à 4) dont SFF Financial Services sont actifs dans les domaines du capital-développement (Expansion, Later-stage et Buy-out)**.

Notre approche est régionale (300 km autour de Genève) et nous prenons si possible des participations majoritaires dans des entreprises matures à forts potentiels. Notre objectif étant d’apporter du capital et du coaching aux entreprises pour les aider à accélérer leur développement.

Y-a-t'il des secteurs dans lesquels vous n'investissez pas? Pour quelles raisons?

Nous n’investissons pas dans la biotechnologie (marché très spécifique), l’immobilier, les business considérés comme non-éthiques (alcool, cigarettes, armement) et à priori dans des entreprises à milieu hostile.

Quels sont vos critères d'entrée dans une société?

Un bon produit, des clients enthousiastes, un bon management, une forte opportunité de croissance à relativement court-terme.

Bien évidemment, l’idéal, tel que présenté, est très rare.

Quel est votre ticket d'entrée moyen? en pourcentage des fonds propres de l'entreprise?

EUROs 4 millions, pour une part de 35% à 100%.

En plus d'un apport financier, qu'apportez-vous à ces entrepreneurs et qu'attendez-vous de votre relation avec eux?

Notre apport est un soutien permanent au management en place, surtout du point de vue stratégique, et parfois sur des aspects opérationnels, que ce soit au niveau de projets ou en assurant, à titre intérimaire, une fonction dans l’entreprise.

Que demandez-vous en échange de votre investissement (taux de rendement, rôle opérationnel, stratégique - CA, autre) et quelle autonomie l'entreprise conserve-t-elle?

Nous nous donnons pour objectif de doubler la valeur de notre participation dans les 3 à 5 ans. Nous n’avons pas d’objectif de distribution de dividende. Tout l’argent disponible est investi dans le but de faire croître la valeur de l’entreprise.

L’équipe de management est autonome dans le cadre d’objectifs et d’une stratégie fixée par le Conseil d’administration.

Comment voyez-vous l'avenir du capital-risque en Suisse romande, en Europe?

Il existe en Suisse romande beaucoup de petites structures qui sont souvent en taille sous-critique et qui très probablement réuniront leurs forces. Le métier est en phase de concentration et consolidation. Beaucoup de sociétés ont eu leurs origines dans la bulle internet et seront ou ont été confrontées à des problèmes de diminution importante de leur valeur.

Comment voyez-vous l'avenir du e-business (i.e. core business ou croissance "adjacente" basée sur l'utilisation d'outils Internet) en Suisse ces trois prochaines années?

Le e-business n’est pas une mode mais un vrai changement dans la manière d’opérer dans les entreprises. Par contre, la vitesse de changement, telle que nous l’avions envisagée, était peut-être un peu utopique. Sa croissance se confirmera, mais sa pénétration dans les processus du business prendra un peu plus de temps.

Quels conseils pouvez-vous donner aux entreprises qui désirent faire appel à un Venture Capital (capital risque)?

De bien préparer son dossier et d’être très transparent sur la situation. De considérer le VC comme un futur partenaire.

Autres commentaires que vous aimeriez faire ?

Peut-être que bon nombre d’entreprises oublient qu’il existe des alternatives aux banquiers qui sont souvent considérés comme frileux. Les VC sont prêts à prendre des risques, il est en contrepartie légitime qu’ils soient bien rémunérés. C’est pour cette raison que le capital-risque à souvent la réputation d’être considéré comme de l’argent cher (cher en francs et cher parce que les actionnaires devront accepter de perdre un peu de liberté). Phases Seed Start-up Early-Stage Expansion Later-Stage Buy-out



Réalisé par Pierre Bezençon, Michel Fischer et Béatrice Fournier


dossier préparé par:


Pierre Bezençon, Michel Fischer, Béatrice Fournier